Suspension de la production de Sharara, le plus grand champ pétrolier libyen

Suspension de la production sur le plus grand champ pétrolier libyen, les principaux ports pétroliers fermés

L’offensive lancée il y a quelques mois par l’armée nationale libyenne (LNA) contrôlée par le maréchal Khalifa Haftar vient de porter un gros coup au marché pétrolier. Dimanche, Sharara, le plus grand champ pétrolier du pays a suspendu sa production après que les robinets de l’oléoduc le reliant au port pétrolier de Zawiya aient été fermés. L’annonce a été faite par la société publique du pétrole (NOC) qui déplore l’escalade des violences.

La suspension de la production à Sharara intervient dans un contexte marqué par un blocus des principaux terminaux du croissant pétrolier dans l’Est, mais aussi la tenue à Berlin d’une conférence entre plusieurs puissances visant à instaurer un cessez-le-feu durable dans le pays. Cette manœuvre de Haftar est considérée comme un moyen de pression avant les conclusions de la rencontre de Berlin.

Si la situation se maintient, la production libyenne pourrait être réduite de 800 000 barils par jour à partir de la semaine qui commence, alors qu’elle n’est que d’environ 1,2 million de barils par jour normalement. Le champ Sharara produit à lui seul, plus de 300 000 barils par jour. Il est opéré par la NOC dans une joint-venture avec l’espagnol Repsol, le français Total, l’autrichien OMV et le norvégien Equinor.

« Le secteur du pétrole et du gaz est le moteur de l’économie libyenne et la seule source de revenus pour le peuple libyen. Ce ne sont pas des cartes à jouer pour résoudre des questions politiques », a suggéré, le patron de la NOC, Mustafa Sanalla. Il a ajouté que toute fermeture des ports et suspension de la production maintenant pourrait avoir un effet durable et dramatique sur l’économie.

Il faut rappeler que tous les principaux champs du pays se trouvent dans l’est du pays et sont contrôlés par la LNA. Le pays étant divisé en deux depuis 2011, les hommes de Haftar se battent depuis avril dernier pour s’emparer de la capitale Tripoli, à l’Ouest.

Olivier de Souza – Agence Ecofin –

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