Ouganda : Retards dans le lancement de la production de pétrole brut

Les autorités de Kampala annoncent des retards dans l’exécution du projet de gazoduc pétrolier du pays à cause des nouvelles exigences des investisseurs. La décision finale d’investissement ne sera prise qu’à la fin du premier semestre 2018.
L’Ouganda devait lancer sa production de pétrole brut en 2020. Mais les retards causés par la lenteur de la mise en place des infrastructures et les désaccords avec les sociétés pétrolières sur les taxes et la stratégie de développement du champ rendent difficile l’atteinte de cet objectif, comme l’a confirmé Robert Kasande, secrétaire permanent du ministère de l’Énergie et du Développement minier à nos confrères de Reuters. Ce mercredi 12 décembre, le pays est-africain a fait état des discordes nées des exigences des investisseurs de revoir à la hausse les tarifs convenus.

Tout a commencé en 2016, lors que l’Ouganda dépourvu de littoral a conclu un accord avec la Tanzanie pour rejoindre le port de Tanga, dans l’océan Indien, afin de transporter des réserves de pétroles situés à l’ouest de la Tanzanie, à la frontière avec la RDC. Des réserves de brut estimées à 6,5 milliards de barils.

Les tarifs de la discorde
Mais l’Ouganda avait conditionné l’accord par le plafonnement du prix du transit à 12,20 dollars par baril acheminé par le pipeline. Aujourd’hui, les investisseurs veulent revoir ces tarifs à la hausse, selon le secrétaire permanent du ministère de l’Énergie et du Développement minier. «Ils veulent que le tarif dépasse 12,20 dollars», a-t-il déclaré .

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«Notre objectif est d’avoir un tarif au plus bas coût pour pouvoir maximiser nos ventes de brut, car si on nous facture beaucoup pour le transport par pipeline, nous ne vendrons rien. Ainsi, les discussions que nous menons visent précisément à atteindre cet objectif. Un tarif abordable», a-t-il ajouté, sans fournir davantage de détails sur les entreprises en question.

Toujours est-il que les champs pétroliers ougandais sont codétenus par le groupe français Total, le chinois CNOOC et le britannique Tullow Oil. La décision de renégocier les tarifs du pipeline a faussé le calendrier établi pour boucler les investissements en 2018, selon le gouvernement. La décision finale d’investissement (FID) est désormais reportée à juin 2019. A la place de l’échéance 2020, une nouvelle date devrait être fixée pour le début de la production. L’Ougandais Stanbic Bank Uganda, en charge de la composante dette du projet, d’un montant de 2,5 milliards de dollars, espère la conclusion de cet accord en juin 2019. Considéré comme le plus long pipeline au monde à chauffage électrique, l’ouvrage ougandais a un coût estimé à 3,5 milliards de dollars.

La Tribune   -incertitudes sur le projet d’oléoduc pétrolier face aux exigences des investisseurs-

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