Les spécificités du vote en Australie

Obligatoire, par préférences: le système de vote en Australie, bien que dérivé du modèle britannique, est spécifique à bien des égards. Ce qui donne lieu à des comportements inédits.

Si l’Australie est un  régime parlementaire qui s’inspire beaucoup du modèle britannique , la façon dont les électeurs votent une fois dans l’isoloir est, elle, assez unique au monde. Car ces derniers ne votent par pour un seul candidat ou parti mais pour plusieurs, par ordre de préférence. 

Ce système, introduit en 1918, pour contrer l’influence grandissante d’un parti représentant les petits agriculteurs, permet de se passer d’un deuxième tour mais il favorise également le bipartisme. 

Un choix en fonction des préférences 

Si le candidat pour lequel vous avez voté à la Chambre des représentants n’a pas obtenu assez de voix, il est éliminé, et c’est le candidat suivant sur la liste dressée par chaque électeur qui les récupère, jusqu’à ce qu’un candidat dispose de suffisamment de voix pour obtenir la majorité absolue. 

L’environnement, sujet majeur des élections fédérales australiennes

Au Sénat, la règle est légèrement différente, puisque vous ne votez pas pour un candidat, mais un parti. Et si celui-ci n’obtient pas de majorité, votre vote n’est pas reporté sur votre deuxième choix mais sur celui du parti pour lequel vous avez voté, et dont les préférences sont enregistrées auprès de la Commission électorale australienne. 

C’est donc à ce niveau que se jouent l’essentiel des tractations entre partis. Cette année par exemple, le parti libéral, du Premier ministre Scott Morrison, a noué un accord avec le magnat Clive Palmer, dont la rhétorique rappelle à de nombreux égards Donald Trump. Les Nationals, l’autre parti de la coalition au pouvoir, ont eux choisi de privilégier le parti d’extrême droite One Nation, devant le Labour et les Verts, car selon eux, « ils causeront moins de dommages à l’économie australienne. » 

Explosion du vote anticipé  

L’autre différence notable du système électoral australien, c’est que le vote y est obligatoire. Un devoir pas toujours évident à tenir dans un pays aussi peu densément peuplé en dehors des grandes villes. C’est pourquoi il existe la possibilité de voter avant le jour de l’élection. Mais ces dernières années, ce qui était jusqu’alors une exception tend à devenir la règle. Lors des dernières élections fédérales, en 2016, 30% des électeurs ont eu recours au vote anticipé. En théorie, il faut une raison valable pour y avoir droit (raisons de santé, éloignement du bureau de vote…) mais dans la pratique, les motifs invoqués ne sont pas vérifiés.

Cette année, le vote anticipé pourrait être encore plus important qu’il y a trois ans. Lundi, à cinq jours des élections, plus de 2,6 millions d’Australiens (sur 16 millions d’électeurs) avaient déjà glissé un bulletin de vote dans une urne. Il y a trois ans, au même stade, ils n’étaient que 1,6 million.

Par Gregory Plesse – Les Echos –

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