Cession des droits miniers de SOKIMO : « Le Congo n’est pas à vendre »

RDC : « Le Congo n’est pas à vendre » appelle Félix Tshisekedi à rejeter la proposition de cession des droits miniers de SOKIMO à AJN Ressources

La proposition du ministre du portefeuille de céder de gré à gré des riches actifs miniers de l’Ituri et Haut-Uele de la SOKIMO à la société AJN Ressources, faite lors de la 36ème réunion du Conseil des ministres du 19 juin, continue à faire fuser de partout des contradictions, surtout au niveau de la société civile du pays.

Dans son communiqué du 25 juin, la campagne « Le Congo n’est pas à vendre » exhorte le Président de la République et le Conseil des ministres à empêcher la cession définitive d’une partie importante du patrimoine de la SOKIMO à AJN Resources. A en croire cette structure de la société civile, cet acte pourrait mettre en faillite la SOKIMO.

« L’objectif de la transaction était de relancer la SOKIMO, mais elle aura plutôt pour effet de l’anéantir définitivement. Nous appelons donc le Président et le premier ministre à ne pas approuver cette transaction et à tirer les leçons des privatisations passées. Il est plus que nécessaire que l’Etat congolais puisse adopter une réelle politique de relance des entreprises du portefeuille de l’Etat », renseigne le communiqué de ce Collectif d’ONGs.

Pour la campagne, AJN Ressources ne dispose pas des moyens nécessaires pour relancer la SOKIMO.

« En effet, AJN est une société junior qui n’a pas les ressources financières suffisantes ni l’expertise nécessaire pour relancer la SOKIMO. Ses dépenses opérationnelles étaient de moins de 36.000 dollars américains en 2019, ce qui correspond aux dépenses d’une petite boulangerie, bien loin de subvenir aux besoins d’une entreprise telle que la SOKIMO. De plus, selon un audit interne, la compagnie est en difficulté financière », ajoute ce communiqué.

Selon ces ONGs, le propriétaire de AJN Ressources, Klaus Eckhof, n’aspire pas confiance et jusque-là n’a pas encore prouver ses capacités à des entreprises minières contrairement aux objectifs déclarés par le ministre du Portefeuille lors de la dernière réunion du Conseil des ministres.

« AJN Resources est contrôlée par Klaus Eckhof, qui n’en est pas à son premier coup d’essai en République Démocratique du Congo. Depuis 2003, les deals de ses autres véhicules financiers tels que Moto Goldmines, AVZ Minerals, Okapi 
Resources et Amani Resources n’ont permis de relancer ni la SOKIMO en Ituri, ni la COMINIERE dans le Tanganyika contrairement aux objectifs déclarés », affirme le communiqué. 

« Le Congo n’est pas à vendre », il y a plusieurs éléments qui concourent au freinage de la prospérité boursière de la SOKIMO. D’ores et déjà, précise leur communiqué, son « partenaire » l’a relégué au second rang en ne lui laissant que 2 sièges sur 5 dans les organes de décision d’AJN et aucune place dans l’organe exécutif. De plus, à travers des transactions financières annoncées au mois d’avril, le risque est bien réel sinon certain que la SOKIMO va perdre ses 60% d’actions au profit des nouveaux partenaires et ne rester qu’un actionnaire minoritaire sans véritable pouvoir. 

Elle tire la sonnette d’alarme au gouvernement en rappelant que les députés de l’Ituri, les syndicats de Sokimo, la Commission Environnement et Ressources Naturelles de l’Assemblée Nationale et plusieurs autres coalitions de la société civile se sont clairement prononcées contre cette transaction. 

La campagne « Le Congo n’est pas à vendre » dit  soutenir la relance des entreprises du portefeuille de l’Etat, y compris de la SOKIMO. Pour ce faire, une évaluation professionnelle et indépendante de son patrimoine ainsi que l’élaboration d’un business plan solide sont de mise. Au cas où ce business plan prévoirait l’implication d’investisseurs, il conviendra alors de procéder à un appel d’offre ouvert conformément à la loi, afin de s’assurer que la SOKIMO puisse attirer des investisseurs avec les capacités financières et techniques requises, et négocier des termes qui lui seront réellement avantageux. 

Tout aussi, appelle-t-elle  le président de la République et le premier ministre au rejet du protocole d’accord soumis à leur approbation et à préserver le patrimoine minier congolais et définir une solide politique de relance des entreprises du portefeuille de l’Etat en général et celle de la SOKIMO, en particulier.

Jordan Mayenikini

DeskEco.com

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