L’arnaque du problème démographique



Les articles catastrophes sur la surpopulation mondiale fleurissent avec le printemps. Pour certains écologistes, la surpopulation mondiale serait même la cause principale du réchauffement climatique. Des lobbys dans tous les pays luttent pour limiter par la loi le nombre d’enfants comme cela a été le cas en Chine.
Les arguments fallacieux les plus souvent utilisés pour convaincre qu’il y a un problème démographique mondial sont utilisés à des fins politiques pour faire croire que le problème de pollution, de l’air ou de l’eau vient de tous les humains plutôt que de quelques personnes qui exploitent les ressources naturelles pour leur profit. C’est la grande arnaque libérale, on fait porter le chapeau aux individus en les culpabilisant, plutôt que de fixer des règles qui embêteraient le sacro-saint libre marché.
Lien vers la vidéo : https://youtu.be/A6EiVYp_DzI
L’arnaque de la croissance exponentielle
Sur le site populationmatters.org, on montre comme preuve du problème, la courbe estimée de la croissance mondiale depuis l’an mil. On voit ainsi une belle courbe exponentielle qui laisse penser au lecteur qu’elle va continuer pour atteindre des sommets jusqu’à faire déborder la terre de monde.
C’est un effet d’optique, quand on zoome sur la période récente, on peut voir que la croissance mondiale a bien commencé à ralentir depuis les années 70. Le site ourworldindata met à jour régulièrement tous les chiffres disponibles sur la population mondiale. En 1970 la population mondiale a augmenté de 2% en un an. En 1980, de 1.8% sur un an, en 1990 de 1.6% dans l’année, en 2000 de 1,3%, en 2010 de 1,1% et si on prolonge plutôt cette courbe, on s’attend à une quasi- stabilisation de la population d’ici la fin du siècle.
SI on considère l’humanité comme une espèce comme les autres on peut dire qu’elle a lourdement augmenté sa population sur le dernier millénaire puisqu’elle s’est installée un peu partout sur la planète, a trouvé de quoi se nourrir pour assurer sa survie et celle de ses enfants et a fait des gros progrès pour allonger son temps de vie.
L’augmentation de la population ralentit puisqu’on est arrivé à un certain aboutissement de cette logique un peu partout et la majorité des pays ont réalisé ce qu’on appelle la transition démographique.
On distingue 4 phases qui se répètent dans tous les pays du monde pour passer à un stade que l’on appelle post-transition. Le pays est sous-développé lorsqu’il a une forte mortalité et une forte natalité. Beaucoup d’enfants naissent, mais beaucoup d’enfants meurent tôt aussi et les adultes n’ont pas une espérance de vie très élevée donc la population reste stable. C’est le cas encore aujourd’hui d’un certain nombre de pays africain, mais aussi de certaines régions rurales de grands pays comme l’Inde. Ensuite les innovations techniques, la médecine diminue lourdement la mortalité des enfants et augmentent l’espérance de vie. Cette étape fait entrer le pays dans une phase d’augmentation très forte de la population avec beaucoup de naissances et peu de morts. Cette étape est arrivée successivement à la majorité des pays du monde pendant la première moitié du 20 siècle. Puis on observe une 3 phase de diminution du nombre de naissance, ce qu’on appelle la natalité qui vient ralentir l’augmentation de la population. Cette phase est arrivée dans les pays Européens autour des années 60-70 après le baby-boom. Un pays est considéré comme ayant terminé sa transition lorsque les taux de mortalité et de natalité sont faibles tous les 2 et génèrent une quasi-stabilité de la population.
Si on veut que la population reste stable, et si on considère que pour faire un enfant il faut un homme et une femme, cela fait qu’en moyenne il faut que chaque femme ait 2 enfants dans sa vie. Sauf qu’il faut rajouter le fait que certaines personnes meurent avant d’avoir pu faire des enfants et donc ont trouve que statistiquement il faut un peu plus que 2 enfants par femmes pour assurer un renouvellement générationnel, dans les pays développés actuels, on parle statistiquement d’environ 2.1 enfants par femme.
La banque mondiale, à l’instar d’autres organismes comme l’OCDE, propose des estimations du nombre d’enfants par femme. On constate que l’écrasante majorité des pays du monde ont un taux de fécondité inférieur à 2 enfants par femmes. Autrement dit, sans immigration, la population de tous ces pays finirait par baisser.
Il n’y a qu’en Afrique qu’une majorité de pays ont de fort taux de fécondité. Mais ce taux est contrebalancé par la forte mortalité infantile, qui sont le nombre de morts avant un an, et l’espérance de vie faible des individus.
Aujourd’hui la population mondiale augmente surtout parce que la mortalité diminue. On ne peut pas savoir si dans l’avenir les gens vont continuer de faire de moins en mois d’enfants ou finalement en faire beaucoup plus, mais on peut essayer de continuer la tendance actuelle pour voir ce que ça donne. L’ONU propose des simulations de ce qui pourrait arriver en continuant les tendances d’aujourd’hui jusqu’en 2100.
La courbe rouge prolonge se qui se passe actuellement. On voit que si rien ne change, la population mondiale va croître de moins en moins vite et atteindre un maximum autour de 2100. Tous les traits gris correspondent à des essais de scénarios en changeant aléatoirement les données en entrées, autrement dit, des pays à qui on augmente la fécondité ou l’espérance de vie et d’autres à qui on diminue ces facteurs. Les pointillés rouges épais montrent que 80% des scénarios sont dans cet intervalle. Les pointillés rouges fins montrent que 95% des scénarios sont dans cet intervalle.
Les pointillés bleus représentent des modèles arbitraires ou on ajoute et enlève arbitrairement 0.5 enfants par femmes, ce qui n’a quasiment aucune chance d’arriver.
Dans l’écrasante majorité des projections de l’ONU, la population mondiale augmente, certes, mais vers un maximum, qui pourrait être atteint autour de 2100.
L’arnaque du bébé pollueur
L’argument massue écologique actuellement est de dire que plus il y a de monde, plus on pollue et que donc qu’il faut limiter le nombre d’enfants pour moins polluer la planète. C’est un argument on ne peut plus stupide. Déjà on a vu que les pays qui font encore beaucoup d’enfants sont les pays les moins développés et donc les moins pollueurs. De plus un enfant ne pollue pas par sa naissance, mais ensuite selon son train de vie il sera peut-être pollueur ou non. Vouloir mettre tout le monde dans le même sac, ça permet aux libéraux de ne surtout pas faire de lois pour contraindre le marché, mais plutôt de faire culpabiliser les gens, c’est moins cher. Enfin, la majorité de la pollution mondiale n’est pas générée directement par les individus, mais par quelques industries et le fret sur lesquels les individus n’ont pas la main, et surtout pas les enfants.
Il n’existe pas beaucoup de statistiques sur la pollution, mais on peut regarder ce qui se passe pour la production de C02. Ce n’est pas ce qu’on fait de pire, mais c’est lié au reste. Sur gapminder, on peut croiser pas mal de données pour comprendre le rapport entre les statistiques. Ici le taille du rond représente le volume de CO2 émis par le pays. En ordonnée c’est le CO2 du pays rapporté a sa population, et en abscisse c’est le nombre d’enfants par femmes.
La première chose qu’on remarque, c’est que nos pays d’Afrique qui font plein d’enfants en bleu, ne produisent quasiment pas de C02. Il n’y a pas de lien entre le fait d’avoi plein d’enfants et le fait de polluer, les ronds sont petits et ces pays sont nettement en-dessous des autres pour la production de C02 par personne.
À l’opposé, c’est au Qatar qu’il y a le plus d’émission de C02 par personne. Même si ce pays a terminé sa transition démographique, on voit que les femmes qataries font moins de deux enfants en moyenne, ce pays produit du pétrole et donc pollue beaucoup plus que les autres.
Les États-Unis, la Russie et la Chine sont les 3 plus gros producteurs de CO2, mais tous ces pays ont terminé leurs transitions démographiques et ont désormais moins de 2 enfants par femme.
Pour aller plus loin, on peut constater dans le cas de la Chine, qu’il n’y a aucun rapport entre la vitesse d’augmentation de la population et la vitesse de l’augmentation de la production de CO2.
Donc ce n’est pas le fait de faire des enfants qui augmente la production de CO2 et ce ne sont pas non plus les individus qui sont responsables de la production de CO2.
Sur notre graphique gapminder, on peut constater que tous les pays qui ont un fort taux de CO2 par rapport à leur population sont des pays exportateurs de pétrole. Ce n’est donc pas la population de ces pays qui produit du CO2, mais uniquement l’industrie pétrolière.
D’ailleurs regardons la Chine, l’émission de CO2 de ce pays est la plus grande du monde, mais rapporté à sa population, c’est bien moins que les américains, les canadiens, les russes ou les allemands. Ce qui compte pour savoir si un pays pollue c’est surtout sa production, un peu sa consommation et pas du tout son nombre d’enfants ou sa population.
Ce qu’il faut bien avoir en tête, c’est qu’il n’y a pas de lien direct entre le nombre d’enfants ou d’individus et la pollution. Certains comportements individuels polluent et nuisent aux autres, mais la plupart des déchets polluants ne sont pas émis par la consommation des individus, mais par la production, notamment par l’industrie pétrolière pour ce qui concerne le CO2. Seulement pour les libéraux, il n’est pas question d’interférer avec le libre marché et il est donc beaucoup plus commode de culpabiliser les individus en leur faisant croire que le problème de pollution vient d’eux ou carrément de leurs enfants. Ça marche encore mieux dans les pays où la majorité des gens sont vieux et ne peuvent plus avoir d’enfants. Il n’y a rien de scientifique là-dedans, comme d’habitude c’est juste une propagande qui profite à quelques grandes fortunes soutenu par l’idéologie libérale.

Agoravox.fr

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