L’Algérie, serait-elle dans l’impasse politique?

L’élection présidentielle en Algérie est de nouveau annulée, pour la deuxième fois en moins de trois mois, alors que le chef d’État par intérim, Abdelkader Bensalah, a appelé tous les partis politiques du pays à lancer un «dialogue ouvert» en vue d’organiser un scrutin à très court terme.

Depuis bientôt quatre mois, l’Algérie vit au rythme d’un mouvement de contestation populaire qui a commencé à la mi-février par une manifestation contre un cinquième mandat du Président Abdelaziz Bouteflika. Depuis, les gens descendent dans les rues chaque vendredi. La situation politique semble s’engouffrer dans une impasse totale, est-il dit dans l’éditorial du Monde.

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© AFP 2019 RYAD KRAMDI / AFP
Dans l’impasse, le Président algérien par intérim appelle la classe politique au dialogue
Dimanche 2 juin, le Conseil constitutionnel a décidé de reporter la présidentielle qui était prévue pour le 4 juillet. En effet, seuls deux candidats inconnus se sont déclarés partants pour la course présidentielle. C’est la deuxième fois en trois mois que la présidentielle est annulée. Aucune date n’a été fixée pour une nouvelle élection, alors que le mandat du chef d’État par intérim prend fin officiellement le 9 juillet et que le Conseil constitutionnel vient de prolonger son mandat pour une durée indéterminée.
Les Algériens sont encore une fois descendus dans les rues vendredi 7 juin, premier vendredi de manifestations depuis le report de la présidentielle, avec une revendication unanime adressée au chef d’État par intérim, Abdelkader Bensalah, et au chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah: «Dégagez!». Ils dénoncent notamment une mainmise du «système Bouteflika» et reprochent à l’armée d’être responsable de cette situation de blocage politique, s’obstinant à faire respecter l’article 102 de la Constitution, poussant ainsi à l’organisation de la présidentielle alors qu’elle est rejetée par la population.


Abdelkader Bensalah, a appelé jeudi 6 juin tous les partis politiques du pays à lancer un «dialogue ouvert» en vue de préparer l’élection présidentielle, initialement prévue le 4 juillet, mais reportée par le Conseil constitutionnel à une date non définie.
Conformément à la Constitution, M.Bensalah, président du Conseil de la nation, la chambre haute du parlement, a été désigné chef de l’État par intérim le 9 avril, une semaine après la démission d’Abdelaziz Bouteflika, après 20 ans au pouvoir, sous la pression de la rue et de l’armée. La Constitution prévoit que son intérim dure 90 jours, durant lesquels il doit organiser une présidentielle, qui était prévue le 4 juillet, et remettre le pouvoir au nouvel élu.

Sputniknews

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