La liberté économique dans le monde arabe, le remède à l’extrême pauvreté

Le rapport récent de l’institut Fraser, « La liberté économique dans le monde arabe », qui vient d’être dévoilé, propose une évaluation quantitative du niveau de liberté économique dans les pays de la ligue arabe

La promotion plus soutenue de la liberté économique dans la région du Golfe permettrait la libération de la créativité et des efforts des populations, qui mènerait alors ces nations vers une nouvelle ère de croissance et de prospérité.

Le rapport récent de l’institut Fraser, « La liberté économique dans le monde arabe », qui vient d’être dévoilé, propose une évaluation quantitative du niveau de liberté économique dans les pays de la ligue arabe.

Ce rapport, basé sur les données de 2017, met en exergue des différences frappantes entre les pays arabes avec, d’un côté, un niveau élevé de liberté économique en Jordanie, Émirats Arabes Unis, Bahreïn, Liban, Qatar et Oman, et d’un autre côté, l’Égypte, l’Algérie, le Soudan, la Syrie, et la Libye qui stagnent au bas de l’échelle de liberté économique.

Or, dans un cadre de liberté économique, les individus peuvent s’émanciper en matière de décisions économiques, et profiter des opportunités en se lançant dans le commerce et l’entrepreneuriat au niveau local et avec l’étranger.

La liberté économique des populations peut être menacée par des obstacles imposés par des États ou les classes privilégiées qui cherchent à protéger leur position dominante et leur « rente économique ». Lorsque les opportunités d’entrer dans une activité économique sont ouvertes à tous, et pas seulement aux classes privilégiées, cela déclenche une étape nouvelle de prospérité et d’opportunités, la liberté économique catalysant le dynamisme et l’ingéniosité de toute la population.

Les données concernant les 22 pays de la Ligue arabe nous montrent que souvent les personnes défavorisées sont tout simplement privées du droit de participer à l’économie du fait d’une bureaucratie étouffante, de barrières au commerce, de règlementations trop contraignantes, d’un poids très lourd des entreprises étatiques, de la corruption et d’un manque évident d’État de droit.

Selon le rapport Fraser, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont des scores élevés en matière de commerce international, reflétant le fait que ces pays ont un droit de douane externe très faible. Un autre constat positif est que les Émirats Arabes Unis, le Bahreïn, le Koweït, le Qatar, Oman et l’Arabie Saoudite n’ont pas d’impôt sur le revenu personnel.

D’un autre côté, la présence forte des entreprises étatiques et d’un État providence tentaculaire réduisent la note de liberté économique des pays du CCG.

Pourquoi les populations des pays du CCG doivent-elles se sentir concernées par ces résultats ?

Les recherches ont montré que la liberté économique joue un rôle très important. Ces recherches, publiées dans des grandes revues académiques mondiales à comité de lecture, soulignent que les habitants des pays à liberté économique élevée jouissent d’un niveau de revenu plus élevé, d’une croissance économique plus forte, d’un taux de pauvreté plus faible, de plus de libertés politiques et civiles.

De plus, des pays plus libres économiquement connaissent moins d’inégalités de revenus et de genre. Par exemple, les pays dans le quartile supérieur de l’indice de liberté économique jouissent d’un PIB par habitant d’environ 36 770 dollars par année, comparativement à un PIB d’environ 6140 dollars dans les pays les moins libres.

En outre, dans le quartile supérieur, le revenu moyen des 10 % les plus pauvres dans la plupart des nations libres est huit fois supérieur au revenu moyen des pays les moins libres.

Sans surprise, dans le quartile supérieur de liberté économique, seulement 1,8 % de la population vit dans l’extrême pauvreté (1,90 dollar ou moins par jour), ce qui contraste avec le chiffre de 27,2 % pour le quartile inférieur.

Comme le reste du monde, le développement de la région du CCG dépend de l’amélioration de la liberté économique pour toute la population. Pour y parvenir, les opportunités de participation à l’activité économique doivent être ouvertes à tous. En même temps, la taille de l’État surdimensionné, la dépense publique et le poids des entreprises étatiques doivent se réduire. Avec ces démarches, les pays du CCG seront en mesure d’attirer davantage d’IED, de diminuer le risque d’investissement et de mieux intégrer les chaines de valeurs mondiales. Pour le meilleur ou pour le pire, le futur est entre leurs mains.

Par Miguel Cervantes1et Tanja Porčnik2.

  1.  Miguel Cervantes est coauteur du rapport Liberté économique dans le monde Arabe. 
  2. Tanja Porčnik est Senior Fellow à l’institut  Fraser. 

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