La footballisation des esprits ou la défaite de la pensée

« Il aura à apprendre, je sais, que les hommes ne sont pas tous justes, Mais enseignez-lui aussi que pour chaque canaille il y a un héros; que pour chaque politicien égoïste, il y a un dirigeant dévoué… 

Éloignez-le de l’envie, enseignez-lui le secret d’un rire apaisé. 

Qu’il apprenne de bonne heure que les despotes sont les plus faciles à flatter… 

Enseignez-lui, si vous pouvez, les merveilles des livres… 

Mais laissez-lui un peu de temps libre 

À l’école, enseignez-lui qu’il est bien plus honorable d’échouer que de tricher…  

Apprenez lui à être doux avec les doux, et dur avec les durs.  

Apprenez-lui à vendre ses muscles et son cerveau au plus haut prix, mais à ne jamais fixer un prix à son cœur et à son âme.  

Apprenez-lui à fermer les oreilles devant la foule qui hurle.  

Il est un si bon garçon, mon fils! » 

La lettre d’Abraham Lincoln au professeur de son fils

Ca y est ! Comme au plus fort temps de la double décennie du mépris et de la honte les Algérien (ne)s répondent à un stimulus celui de vibrer à l’émotion.  Le pouvoir s’inspirant de l’Empire romain décadent qui proposait des jeux de cirques « Panem et circenses » pour distraire les foules des vrais problèmes, fait feu de tout bois et fait vibrer cette corde irrationnelle qui fait que les Algériennes et Algériens se sont accrochés d’une façon compulsive à cet exutoire que constitue le football . l’Algérie a mobilisé neuf aéronefs de transport militaires pour l’acheminement de supporters au Caire pour assister à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), qui opposera vendredi prochain l’Algérie au Sénégal. Au total, 28 aéronefs civils et militaires seront mobilisés pour la seule journée de jeudi dans ce qui s’apparente à l’un des plus grands ponts aériens jamais établis entre l’Algérie et l’Égypte.  Ce pseudo bonheur éphémère a réellement fait plaisir aux Algériennes et Algériens mais aussi aux  indirectement aux millionnaires en short qui tapent dans un ballon. Des millionnaires encouragés et adulés par des pauvres des besogneux qui ne savent pas de quoi demain sera fait.  

La footbalisation des esprits : l’ecstasy de l’éphémère  

Cette adoration du Dieu football pendant des évènements particuliers participe d’une footballisation des esprits. Comment le football opère ? Pendant un mois, en effet les Africains sont sommés de vibrer au rythme du roi football. En règle générale plus une société connait des problèmes de tout ordre, plus elle est vulnérable et plus elle s’accroche à des bouffées de divertissement certes éphémère mais qui lui donnent un bonheur factice. Cet engouement planétaire fait partie de la stratégie du néolibéralisme qui crée des besoins chez l’individu qui devient de ce fait esclave du divin marché, pour reprendre l’expression du philosophe Dany Robert Dufour. Cependant, les dégâts du néolibéralisme ne sont pas les mêmes selon que l’on soit au Nord comme au Sud. Examinons pour commencer le phénomène de société dans les pays du Sud. (1)

Le philosophe Fabien Ollier dresse un état des lieux sans concession de cette grand-messe planétaire orchestrée par « la toute-puissante multinationale privée de la Fifa ».

« Il suffit, écrit-il, de se plonger dans l’histoire des Coupes du Monde pour en extraire la longue infamie politique et la stratégie d’aliénation planétaire. (…) L’expression du capital le plus prédateur est à l’œuvre : les multinationales partenaires de la Fifa et diverses organisations mafieuses se sont déjà abattues sur l’Afrique du Sud pour en tirer les plus gros bénéfices possibles. (…) Tout cela relève d’une diversion politique évidente, d’un contrôle idéologique d’une population. En temps de crise économique, le seul sujet qui devrait nous concerner est la santé de nos petits footballeurs. C’est pitoyable. Il existe en réalité une propension du plus grand nombre à réclamer sa part d’opium sportif. (…). Le football est organisé en logique de compétition et d’affrontement. Jouer ce spectacle par des acteurs surpayés devant des smicards et des chômeurs est aussi une forme de violence. (…)La symbolisation de la guerre n’existe pas dans les stades, la guerre est présente. Le football exacerbe les tensions nationalistes et suscite des émotions patriotiques d’un vulgaire et d’une absurdité éclatants. (…) » (2)

Hypnose collective 

La même analyse, sans concession, nous est donnée par Samuel Metairie il parlait de la coupe 2010 mais les arguments n’ont pas pris une ride « Trente-deux équipes, dont une vingtaine issues de pays occidentaux, vont pouvoir fouler les pelouses de leurs crampons, et servir les bas instincts pulsatifs de milliers d’hommes et de femmes peuplant les stades en jouant aux gladiateurs des temps modernes. Sauf que ces gladiateurs sont devenus des hommes d’affaires intouchables, dont le salaire mensuel (disons honoraires ou dividendes) correspond, à plusieurs années de travail d’un salarié français moyen »(3) 

« Juste pour pousser une balle avec ses potes jusqu’à 30 ans, pendant que de plus en plus de Français vont être obligés de travailler jusqu’à 65-70 ans. (…) Une question vient à l’esprit : si le football était vraiment un sport, ne pourrait-on pas payer ces gens raisonnablement, à hauteur du salaire minimum ? Ne pourraient-ils pas reverser ce capital vers ceux qui en ont besoin, aux pauvres oubliés par l’Occident, aux peuples d’Afrique, d’Asie, d’Amérique, au lieu de prendre l’Afrique pour une cour de récréation ? (…) Aux quatre coins du monde, surtout dans les pays plus pauvres, c’est partout la même logique du capitalisme : l’appareil économique occidental s’implante, génère des marges commerciales et des bénéfices. Il fait de l’argent sur place en exploitant la main-d’œuvre locale, et rapatrie ses capitaux dans les grandes banques européennes. (…) » (3)

Echelle des valeurs inexistante et scandale des salaires 

Justement, pour parler de l’indécence des sommes colossales perçues, je fais appel à un exemple, que dix joueurs les mieux payés dont David Beckam, Ronaldinho Gaucho, Whyne Rooney ont reçu en une année 135 millions d’euros en salaires, primes, droits de sponsoring… soit en moyenne 20 millions de dollars par individu (55.000 $/jour, contre 2$/jour en moyenne pour un Africain) ou encore le salaire journalier du joueur est équivalent à ce que reçoivent deux Africains sur une carrière de 32 ans). C’est ça le scandale du marché du néolibéralisme, de la mondialisation laminoir qui font que ce que la société a accumulé pendant des siècles risque de disparaître sous les coups de boutoir du « Divin marché » où la valeur d’un individu, c’est de plus en plus ce qu’il peut rapporter, et ce qu’il peut consommer et non ce qu’il recèle comme culture et savoir.

On est loin de l’aspect noble du sport. On peut penser valablement que cette dimension du sport pour le sport avec les « magiciens » du ballon comme Di Stefano, Kopa, Pélé, Garrincha, et tant d’autres, s’est arrêtée avec, il y a une vingtaine d’années, pour laisser place au vedettariat et aux salaires démentiels.

Qu’en est-il de l’opium du football en Algérie ?  

Nous n’échappons pas à cette  instrumentalisation par les pouvoirs de la magie du foot pour  des causes  répréhensibles comme c’est le cas des pouvoirs mal élus et qui veulent durer.. Cela peut être aussi pour une cause noble comme ce fut le cas de l’équipe de foot ball du  FLN . Souvenous de l’épopée de cette équipe de moudjahid du foot qui on tout quitté , situations sociales exceptionnelles en France, foyers, amis pour aller se mettre à disposition du FLN et lui donner cette dimension complémentaire et planétaire. Des noms comme Mustapha Zitouni , Rachid Mekhloufi, Oudjani, Bentifour,  ont marqué des générations d’Algériennes et d’Algériens pour leurs bravoures sans calcul  entre 1958 et 1962 . Ce sera aussi et parallèlement de l’équipe théâtrale sous la direction de Mustapha Kateb  L’équipe algérienne du FLN historique joua près de 80 matchs qu’elle gagna quelques uns où elle fit match nul. L’hymne national fut chaque fois joué et donna de ce fait une visibilité extraordinaire à la Révolution de novembre. Curieusement le seul pays qui refusa que son équipe joue contre celle de l’Algérie fut l’Egypte de Nasser, il ne pouvait pas concevoir qu’un pays dont il voulait contrôler en vain la Révolution gagne contre  Misr Oum Eddounia.  

Bien plus tard après  les guerriers  de l’équipe du FLN  et  dans le même ordre  un mot à propos l’épopée des joueurs algériens vainqueurs de l’équipe nationale d’Allemagne qui se fit une triste réputation en trafiquant le match avec l’Autriche,  en Espagne, en 1982 avant de remporter la coupe  Les joueurs  Belloumi, Merkekane, Cerbah, Dehleb, Madjar Assad revenus au pays se virent offrir un téléviseur ou un réfrigérateur … 

Bien plus tard  encore en 2009  l’animosité refit surface à l’occasion des éliminatoires de la coupe du Monde ; A l’aller l’Algérie gagna 3 à 1   Au Caire  ce fut le drame, les Algériens spectateurs et équipes furent attaqués. Le score sera de 2à 0. La Fédération africaine condamna l’Egypte à une amende. Le match d’appui aura lieu  4 jours plus tard à  Khartoum.  C’est là que la démesure des deux  présidents sur le déclin, se révéla l’Egypte mitoyenne du Soudan , facilita l’affluence des supporters égyptiens et le pouvoir algériens affréta des avions cargo- Une sorte de Plan Marshall  pour assouvir un ressentiment mais surtout pour un regain de légitimité à qui on offrit une satisfaction éphémère . L’Algérie gagna 2 à 0. Ce fut un sursis pour le système Bouteflika 

Pour le sociologue Zoubir Arrous, le foot n’est plus un jeu sportif, mais plutôt un enjeu politique et financier. (..) Ainsi, nous pouvons dire qu’il y a, dans le cas de l’Algérie, un véritable conflit entre le stade et la mosquée. (…) La paix sociale grâce au foot ne dure pas dans le temps. L’après-match ou l’après-foot est la période la plus dangereuse sur le plan social. Le citoyen revient à son état normal et parfois critique. (…) Le foot peut faire l’objet d’un contrat social dans les sociétés qui n’ont pas de crise et qui ne cherchent pas de changement. Le foot est aujourd’hui devenu la nouvelle religion. (4)

Peut on trouver normal  que dans le marécage du football en Algérie, des joueurs reçoivent jusqu’à 4 millions de dinars par mois Dit autrement   moins d’une année suffit à un  joueur pour dépasser la retraite d’un professeur après 32 ans de bons et loyaux service.  Les argents reçus  sont versés  par des oligarques qui volent d’un côté le peuple et de l’ordre, problématise encore plus l’échelle des valeurs en proposant une mercuriale à leur image. C’est tout ceci qui nous fait dire que le football mis au service d’une idéologie d’un système de gouvernants est une imposture. Cela ne veut pas dire que cette ivresse  est l’apanage des peuples sous développés ; Tout les gouvernants à des degrés divers de pays pauvres et  riches instrumentalisèrent à leur profit  l’émotion des peuples. Ainsi en 1998, la France gagne la coupe grâce   dit on à Zineddine Zidane, le soir même l’Arc de triomphe est  tagué : «  Zizou président » . Deux ans plus tard, lors d’un match avec l’Italie  Zidane donne un coup de tête à un joueur italien qui lui a manqué de respect. La France sera éliminée. On ne parle plus de Zizou mais de Zidane dont les origines sont algériennes

L’honneur de la science  

Face à ces pousseurs de ballon qui mettent les peuples faibles sous perfusion éphémère d’ecstasy, pour l’honneur de la science et de la connaissance,  il nous plait de citer l’exemple du mathématicien russe, Grigori Perelman, qui a ignoré, d’après la Voix de la Russie, le prix d’un million de dollars, le mathématicien russe Grigori Perelman a ignoré le prix d’un million de dollars qui lui était attribué par l’Institut mathématique de Clay pour avoir prouvé l’hypothèse de Poincaré qui avait résisté un siècle Le Russe s’était déjà vu décerner en 2006 la médaille Fields, considérée comme le « Nobel en mathématiques », qu’il avait refusée. Le mathématicien et directeur de l’Institut Henri-Poincaré, Michel Broué, s’est réjoui de l’attitude de Grigori Perelman en déclarant que « l’activité des mathématiques était jusqu’à maintenant, par nature, protégée de la pourriture financière et commerciale, j’emploie ce terme volontairement. Mais je pense que c’est sans doute une des raisons qui font que Perelman dit et veut dire qu’il ne veut pas travailler pour le fric ni pour les récompenses. C’est une chose, il travaille pour l’honneur de l’esprit humain. » (3)

Un seul coupable, une mondialisation laminoir  contre l’émancipation scientifique des peuples

   Après avoir laminé le « collectif » au profit de l’individualisme le néo-libéralisme s’attaque sans résistance majeure, aux derniers bastions du vivre ensemble. Après avoir laminé les Jeux olympiques qui sont devenus des jeux marchands où l’effort passe en arrière plan de ce qu’il peut rapporter en terme d’image, après avoir créer des ersatz de divertissements , le néolibéralisme investit l’industrie du plaisir fugace et ne s’installe pas dans la durée, il vole d’opium en opium en « extrayant de la valeur » au passage, laissant l’individu sujet consommateur sous influence en pleine errance avec des réveils amers, où il retrouve la précarité, la mal vie en attendant un autre hypothétique soporifique devenant définitivement l’esclave du divin marché selon le juste mot du philosophe Dany Robert Dufour. (4)

A quoi cela sert d’étudier ?  Ce que nous attendons de l’Ecole  

Dans tout cela, une victime l’Ecole. Pourtant tout se joue à l’Ecole dans la mesure où elle joue son rôle C’est aÌ l’école que s’élargit l’horizon d’existence et que doivent s’ouvrir des possibles jusque-là  inouïs. Pour cela guider le peuple ne veut pas dire l’infantiliser et il est temps que le politique ait le courage de faire confiance au peuple. Il est temps que nos hommes qui nous gouvernent reconnaissent que, le peuple est mature. Une telle reconnaissance et une telle confiance sont indispensables a l’émergence d’un débat véritable sur les enjeux du futur

 « Cela, écrit Sophie Audoubert suppose un peuple conscient et rationnel, un peuple immunisé contre les théories du complot et les faits alternatifs qui fleurissent sur les réseaux sociaux, un peuple qui se renseigne et a  qui l’on donne les moyens et le temps de penser. C’est l’éducation qui doit permettre a la somme des individus de faire peuple.  C’est là qu’intervient la mère de toutes les batailles, et la grande oubliée du débat actuel: l’éducation. Et c’est bien l’éducation qui doit donner les outils pour y parvenir.  C’est elle qui doit éveiller les consciences pour former non pas de simples travailleurs et travailleuses, mais aussi et surtout des citoyennes et citoyens qui puissent se penser comme partie d’un tout, d’un collectif ouÌ le débat et les différences ne divisent pas mais au contraire enrichissent. ». (5)

Stimuler l’intelligence :  l’objectif de l’Ecole  

On comprend alors, l’illusion de l’éducation, notamment dans les pays du Sud où l’éducation est la dernière roue de la charrette. Plus globalement l’Ecole ne fait plus rêver et pourtant on ne construit pas une nation pérenne si elle n’est pas adossée à un système éducatif performant où l’intelligence est stimulée Comment rendre alors, nos élèves intelligents pour comprendre le monde et profiter de toutes les opportunités rendues possibles par ce siècle où la connaissance mondiale double tous les sept ans? A tort on oppose l’inné à l’acquis expliquant de ce fait certaines insuffisances par une déficience originelle. D’ailleurs, il est usage d’analyser l’intelligence par le Quotient Intellectuel dont on apprend que ce critère n’est pas suffisant pour évaluer la performance. 

Pour André Nieoullon « le sens commun définit l’intelligence comme la capacité à résoudre des problèmes théoriques plus ou moins complexes, à gérer des questions abstraites, et à trouver des solutions pour s’adapter aux fluctuations rapides de l’environnement dans les meilleures conditions d’efficacité et de rapidité, en faisant le moins d’erreurs possible. Ainsi, si le QI est à même de mesurer une intelligence plutôt « globale » en mettant en exergue les capacités de communiquer et à utiliser ses connaissances, il évalue mal les stratégies et les processus logiques reflétant les opérations mentales : raisonnement logique, utilisation d’analogies, expérience acquise, raisonnement intuitif et raisonnement inductif, tout au moins (…) L’intelligence est aussi basée sur la capacité à utiliser les connaissances et, dans un contexte où l’école a d’abord été rendue obligatoire, (….) A mon sens il est possible de considérer les évolutions de performances de QI d’une population comme un indicateur attestant que le système éducatif n’est peut-être plus adapté à une formation optimisée aux évolutions technologiques auxquelles nous sommes confrontés » (6).  

Conclusion

D’une façon irrationnelle notre premier mouvement fut aussi de vibrer et de manifester bruyamment notre joie.  Ceci dit la magie du football étouffe toutes les autres expressions de la performance outre celles obtenues en technologie et en science et même dans les autres sports. On se souvient avec émotion de la victoire olympique de  Hassiba Boulmerka c à Barcelone en 1992 en pleine décennie noire. Elle fit une course d’ontologie mettant vingt mètres entre elle et la suivante, mais surtout elle montra que l’Algérie existait, qu’elle était capable d’atteindre des sommets. Il faut écouter l’hymne national algérien entonnée dans ces conditions. Elle sera suivie par la suite par  Morcelli Benida Merah (7)    

Si l’on veut  résolument aller   dans le sens de l’unité du pays, le sport est un puissant facteur d’intégration , non pas uniquement  par  le football mais tout les sports parents pauvres devant le  football qui accapare tout les financements  . Pour le vivre ensemble côte à  côte, il est plus que jamais indiqué d’avoir une  réelle politique du sport-  non pas un ministère de l’équipe nationale- ,  qui encourage l’effort , qui facilite les compétitions inter-lycées, inter-régions de telle façon à ce que les Algériennes et les Algériens  se connaissent d’Est en Ouest et du Nord au Sud.  Il en sera de même des compétitions  pédagogiques. Les Ecoles les lycées, les universités devraient -comme le font toutes les institutions  de par le monde, cette dimension épanouissement sportif, consubstantielle de l’épanouissement culturel et scientifique.

On le voit pour le moment, la footballisation des esprits  est une défaite pour la pensée dans le sens à la fois rationnelle et aboutie.   Les recommandations du président Lincoln au précepteur de son fils, sont un résumé  généreux  et paternel d’un  programme d’éducation. Tout y est notamment la nécessité de laisser libre l’imaginaire de l’enfant et de le laisser découvrir la nature et les hommes. C’est dire si en Algérie nous en sommes malheureusement  loin !  Nous avons une Ecole à plusieurs vitesses  selon les moyens mis  en œuvre. 

L’Ecole républicaine est un échec.  Elle ne joue plus son rôle d’ascenseur social et se contente d’ensardiner les enfants pour ensuite les conditionner pour en faire des sujets crédules  et non pas des citoyens qui pensent par eux même. De ce fait, en Algérie, par exemple certains parents l’ont bien compris, ils cherchent pour leurs enfants la rampe de lancement la plus juteuse en termes de fortune rapide, ils ne cherchent pas la meilleure école pour leurs enfants,  par faute de moyens, mais le meilleur club pour inscrire leurs enfants.  

Il est incontestable qu’une victoire au football pour le citoyen lambda est un opium qui lui permet d’oublier les problèmes qui le rattraperont assez vite après la dissipation de ce ecstasy ce, prozack de l’éphémère . Le pouvoir  compte en tirer des dividendes , politiques  pour affaiblir la soif de liberté comptant aussi  sur la lassitude . Le peuple dans son ensemble est toujours déterminé même ce 22evendredi il a manifesté, puis il est allé soutenir l’équipe  chacun à sa façon . 20.000 supporters plus tout un peuple qui communie. A bien des égards cet opium  du peuple a contribué d’une certaine façon à ressouder le peuple qui se sent à en croire les interviews en phase avec son équipe, son drapeau son pays quelque soit la région concernée

Belle  réussite de notre équipe nationale qui a accomplit un sans faute ; victoire de tous les matchs et apothéose . la deuxième étoile est méritée! Cela nous permettra de voir la vie en rose même si ce n’est que de façon éphémère en attendant la réussite de l’Algérie qui ne pourra venir qu’avec nos efforts, notre résilience et notre consensus pour une Ecole qui fait réussir et qui servira il faut l’espérer d’ascenseur social Amen.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

Notes 

1. Chems Eddine Chitour https://blogs.mediapart.fr/semcheddine/blog/160718/la-footbalisation-des-esprits-lextazy-de-lephemere 

2.Fabien Ollier : « La Coupe du Monde, une aliénation planétaire » Le Monde.fr 10 06 2010 

3.Samuel Metairie Quand l’Occident dissimule son colonialisme derrière un évènement sportif…Le Grand soir 12 juin 2010http://www.legrandsoir.info/Quand-l-Occident-dissimule-son-colonialism… 

4.https://www.legrandsoir.info/la-footballisation-des-esprits-que-reste-t-il-des-valeurs-fondamentales.html 

5 .Sophie Audoubert — 19 décembre 2018 http://www.slate.fr/story/171387/tribune-reforme-lycee-inegalites-orientation 

6 .https://www.atlantico.fr/decryptage/3576256/l-humanite-a-t-elle-atteint-son-pic-d-intelligence—andre-nieoullon 

7. Vidéo  de la course de Hassiba Boulmerka à Barcelone en 1992 https://www.youtube.com/watch?v=A-7GG3rVUC0

 Article de référence : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5279196La source originale de cet article est Mondialisation.caCopyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2019

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