La 4e Guerre mondiale aurait-elle commencé ?



La Fed propose un chemin difficile pour l’avenir des États-Unis. La Réserve fédérale a laissé les taux inchangés à près de zéro pour cent lors de sa réunion d’avril (2020) et a laissé entendre qu’elle ne les augmenterait pas de sitôt, car pandémie et confinement font payer un lourd tribut aux États-Unis.
La voie difficile
La Fed propose un chemin difficile pour l’avenir des États-Unis. La Réserve fédérale a laissé les taux inchangés à près de zéro pour cent lors de sa réunion d’avril (2020) et a laissé entendre qu’elle ne les augmenterait pas de sitôt, car pandémie et confinement font payer un lourd tribut aux États-Unis. Pourtant, la Fed sait bien qu’isolationnisme, confinement totalitaire et quarantaine drastique n’apporteront jamais la reprise économique.
Les responsables de la Réserve fédérale ont laissé entendre qu’ils n’anticipaient pas un rebond rapide de l’économie ni une reprise en « V » que le président Trump semble espérer. Ce sera au mieux une reprise en « U » après une phase de dépression sévère, et au pire, cette crise, amorcée en 2008, suivie d’une guerre financière, puis d’une guerre commerciale, prolongée d’une guerre virologique, débouchera sur une guerre mondiale…à laquelle les ploutocrates se préparent fébrilement. Pendant que les riches mènent ces préparatifs de guerre totale, les marionnettes politiques ont pour tâche de distraire madame « Toutlemonde » à débattre de l’approvisionnement en masques, en test, en gel hydroalcoolique, et occupe monsieur « péquenot » à déblatérer des vacances d’été dans son quartier socialement distancié (sic).
Jerome H. Powell , le président de la Réserve fédérale, a adopté un ton inquiet lors de sa première conférence de presse régulière depuis que le confinement suicidaire a paralysé l’économie américaine et mondiale, qualifiant de « déchirantes » (sic) les pertes de dizaines de millions d’emplois prédisant un long chemin pour relancer l’économie mondiale catastrophée. M. Powell, qui a présidé la plus longue phase d’expansion économique jamais enregistrée dans l’histoire des USA, a vu s’effondrer, le marché du travail le plus fort depuis des générations. Aux États-Unis seulement, ce sont plus de 33 millions de travailleurs qui ont perdu leur emploi alors que le confinement et les fermetures d’entreprises ont fait disparaître le carburant d’une économie américaine axée sur la consommation dans la répartition internationale des tâches du cycle de valorisation mondial du capital.
Ainsi , le secteur tertiaire des services (services personnels aux consommateurs, soins de santé, éducation, commerce de détail et de gros, services financiers, tourisme, transports, médias, culture, etc.) représente 80% du PIB aux États-Unis , et c’est aussi là que l’on retrouve 80 pour cent des emplois (1).
https://les7duquebec.net/archives/255030
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Vous comprenez pourquoi des milliers de ces nouveaux chômeurs, sans prestation sociale, après avoir fait la queue au comptoir alimentaire dévalisé du quartier se mobilisent ces jours-ci, non pas contre la mort improbable par contagion virale, mais contre la mort probable par inanition chômage. Après tout, 6 mois de pandémie n’ont provoqué que 4,7 millions de malades et 315000 décès sur 7,7 milliards d’individus, alors que 4 mois de confinement meurtrier ont déjà provoqué des centaines de millions de chômeurs et des centaines de millions d’affamés dans le monde entier, ce qui fait mieux comprendre l’interdépendance des économies nationales mondialisées.
La crise économique a précédé la pandémie de grippe
Powell a tiré la sonnette d’alarme en indiquant que la reprise économique pourrait être lente et hésitante et que les efforts déployés pour contenir la bombe virale des dommages collatérales pourraient être particulièrement douloureux pour les plus vulnérables, préparant ainsi les esprits à la prochaine phase de cette guerre mondiale qui ne dit pas son nom : « Nous avons entendu des communautés minoritaires et à revenus faibles nous dire que c’était le meilleur marché du travail qu’ils avaient vu de leur vie », a déclaré le poncif. « Il est déchirant, de voir que tout cela est menacé. Il est d’autant plus nécessaire que notre réponse soit urgente, et aussi celle du Congrès américain ». L’oligarque bancaire appelait ainsi sa classe à serrer les rangs dans l’assaut qui l’attend contre ses concurrents.
Comment résumer cette étape dramatique de l’évolution de ce mode de production mondialisé et décadent ? Depuis l’an 2000 environ, la production industrielle et commerciale à grande échelle de la Chine, de l’Inde et de l’Europe a atteint un degré où elle ne peut plus être contenue et absorbée dans le système mondial dominé par les États-Unis déclinants. Les barrières tarifaires nationales – même réduites – les marchés financiers normés – les alliances commerciales continentales et leurs restrictions – le dollar bancal de moins en moins hégémonique – sont autant de barrières à la valorisation et à l’accumulation du capital mondial. Comme toujours dans ce cas, le capital le plus contraint dans son expansion cherche une ouverture par la guerre. Nous appréhendions une guerre nucléaire et voici qu’une guerre virologique confronte le monde tétanisé… et ça ne fait que commencer. Seul le prolétariat pourra nous sortir de cette galère d’enfer (2) https://les7duquebec.net/archives/255059
M. Powell a promis que la Fed pousserait ses pouvoirs à leur limite pour affronter la guerre biologique, en maintenant des taux d’intérêt très bas et en canalisant le crédit vers les marchés « cruciaux », en déployant un gigantesque programme d’achat d’obligations (bidon) pour apaiser les marchés en difficulté et en mettant en place une série de programmes de prêts d’urgence pour maintenir le flux du crédit (et de consommation) aux entreprises et aux ménages paupérisés. Mais il a également précisé que les décideurs politiques doivent faire leur part pour éviter que les ménages et les entreprises ne soient trop menacés, et il a souligné à plusieurs reprises que les enjeux étaient élevés, notamment pour le marché de l’emploi (sic), signifiant ainsi d’où viendrait la menace interne dans cette guerre mondiale externe. Le prolétariat américain acceptera-t-il d’assumer le fardeau de cette quatrième guerre mondiale ? Rien n’est moins certain et il faudra plus que des masques pour calmer ces enragés, en bonne santé mais affamés.
M. Powell a souligné que la banque centrale ne pouvait pas contrer complètement la crise actuelle qui s’envenime plus rapidement que le Covid-19 ne se répand : « La baisse des taux d’intérêt ne peut pas arrêter la forte baisse de l’activité économique causée par les fermetures d’entreprises et autres formes de confinement social » (sic), a déclaré M. Powell. Le banquier a ajouté que la Fed « fait partie de la réponse », mais « il se pourrait bien que l’économie ait besoin de plus de soutien de notre part à tous »… entendre ici que d’autres sacrifices seront requis de la petite et de la moyenne bourgeoisie ainsi que du prolétariat.
Il a souligné la nécessité de politiques fiscales qui protègent les entreprises et les ménages contre « l’insolvabilité » et le défaut de remboursement de ces dettes colossales irrécupérables. En fait, ce sont les banques et les boursicoteurs que Powell souhaite protéger. Le talon d’Achille des économies capitalistes n’a rien à voir avec le coronavirus, c’est le niveau historiquement élevé d’endettement par rapport au produit intérieur brut (PIB).
Voici un aperçu des niveaux d’endettement aux États-Unis :
1- La dette totale des entreprises aux États-Unis (dette des sociétés non financières des grandes entreprises, dette des petites et moyennes entreprises, entreprises familiales et autres dettes commerciales) était de 15,5 billions de dollars, soit 72% du PIB américain.
2- La dette totale des consommateurs américains (cartes de crédit, prêts automobiles, prêts étudiants, hypothèques immobilières et autres dettes des ménages) était de 13,95 billions de dollars ou 65,2% du PIB.
3- La dette totale du gouvernement américain (dette non remboursée du gouvernement fédéral) était de 22,7 billions de dollars ou 106,1% du PIB.
En somme, le niveau d’endettement total des États-Unis , excluant le secteur financier, égalait l’an dernier environ 52,000 milliards de dollars, soit 243% du PIB pour une économie qui produit environ 22,000 milliards de dollars par an de biens et de services. C’est comme si un cavalier pesant 250 kilos chevauchait un poney plaisantait le professeur
Rodrigue Tremblay. (1) https://les7duquebec.net/archives/255030
Avec un déficit budgétaire fortement en hausse à hauteur de 3700 milliards de dollars en 2020-21, et un autre déficit d’environ 2000 milliards de dollars en 2021-22, la dette totale du gouvernement américain, à lui seul, pourrait facilement grimper à 27700 milliards de dollars. Hormis une menace inflationniste imminente, les gouvernements peuvent faire appel à la banque centrale pour que cette dernière fasse gonfler la masse de monnaie fiduciaire en monétisant les dettes gouvernementales, ce qui ne pourra que miner encore davantage la confiance envers le dollar dépité, devise de moins en moins appréciée des boursicoteurs internationaux. L es entreprises privées et les consommateurs surendettés n’ont guère ce luxe de « socialiser » leurs dettes sur le dos des contribuables confinés. Ces derniers n’auront d’autre choix que celui de faire défaut sur leurs dettes et de réduire considérablement leurs dépenses. (1) https://les7duquebec.net/archives/255030
Les conséquences du confinement meurtrier
L’annonce de la Fed est intervenue quelques heures seulement après qu’un rapport du gouvernement ait montré que l’économie s’était contractée à un taux annualisé de 4,8% au premier trimestre. Bien que ce soit le pire résultat depuis 2008 et qu’il mette fin à une phase d’expansion, il a probablement à peine effleuré la surface des dommages causés par le confinement. La contraction devrait être encore plus prononcée au cours du prochain trimestre. M. Powell a déclaré que les données économiques du deuxième trimestre seraient « pires » que tout ce qui a été vu précédemment, qu’il pourrait falloir du temps aux consommateurs que l’on a terrorisés depuis des mois pour se sentir à nouveau à l’aise pour dépenser, et que les entreprises et les travailleurs pourraient avoir besoin d’une aide financière supplémentaire. Pourtant, selon certaines évaluations, les gouvernements du monde entier comptent injecter quelque 8 000 milliards de dollars en mesures fiscales, à l’exclusion des sommes avancées par les banques centrales, pour empêcher un effondrement de leur économie. (1) https://les7duquebec.net/archives/255030
Le Congrès a remis au département du Trésor 454 milliards de dollars pour soutenir les programmes de prêts d’urgence de la Fed, qui peuvent aider les entreprises, les États et les villes à accéder au crédit. Moins de la moitié de ce financement a été affecté et tous les programmes annoncés par la Fed ne sont pas encore en place. Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, qui doit approuver les programmes, a indiqué qu’il n’est pas disposé à prendre des risques qui entraînent des pertes importantes. « Je pense qu’il est assez clair que si le Congrès avait voulu que je perde tout l’argent, cet argent aurait été conçu comme des subventions et des aides plutôt que comme un soutien au crédit », a déclaré M. Mnuchin aux journalistes récemment.
Pour sa part, M. Powell a suggéré que les deux programmes d’obligations d’entreprises de la Fed commenceraient bientôt à acheter des dettes, et que la Fed présenterait des plans révisés pour son programme pour les entreprises de taille moyenne, qui est censé aider les entreprises qui sont trop grandes pour des prêts de petites entreprises remboursables, mais trop petites pour accéder facilement aux marchés boursiers. Mais la banque centrale ne peut pas accorder de subventions, et même ses pouvoirs de prêt sont limités à des emprunteurs en assez bonne santé (sic). Tout ceci signifie que les banques ne prêtent pas aux « petits capitalistes » et que l’État n’a pas de sous pour ces gens-là.
Les économistes gauchistes comprennent-ils enfin la mécanique par laquelle la moyenne bourgeoisie d’affaires et la petite bourgeoisie du commerce et des services seront inexorablement poussées par les lois du système capitaliste vers la révolte insurrectionnelle ? La BCE européenne emprunte le même sentier de faillite assurée. (3) https://les7duquebec.net/archives/255084
Pour le prolétariat le processus sera différent. De la contraction des marchés, dont le confinement meurtrier a donné un avant-goût, il résulte une baisse des bénéfices et un déclin de la demande de main-d’œuvre et des autres marchandises. À son tour, la hausse du taux de chômage fait chuter les salaires, et c’est alors qu’une dangereuse spirale de baisse des prix et des salaires (déflation) peut se mettre en marche entraînant un effondrement de la demande, d’où l’anémie des marchés et des profits et la grande dépression. (1) https://les7duquebec.net/archives/255030
C’est ainsi que madame « Toutlemonde » comprend enfin que sous le mode de production capitaliste on ne peut sacrifier le profit pour avantager la vie et les services de santé au prix des services financiers. Ce qui sauve des vies ce n’est pas de se masquer dans le métro, mais de démasquer les lois du profit et de les abolir en se
rapprochant socialemen t. Le confinement totalitaire offre aux prolétaires l’opportunité de prendre leurs marques face à l’État fétiche le bras armé des riches. Il faut cesser de quémander à l’État capitaliste. Il faut le déconstruire et ainsi désarmer les ploutocrates, supprimer leurs assignations et abolir leurs fonctions. Après ceci, tout un monde sera à construire, non pas un pseudo Nouvel ordre mondial fondé sur les lois du capital… mais un Nouveau Monde sans capital https://les7duquebec.net/archives/254316

par Robert Bibeau

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