Japon-Afrique : « Parler business plutôt que d’aide »

Les paradigmes sont-ils en train de changer à partir de cette 7e édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad) ? La question mérite d’être posée.

« Il est grand temps que le financement privé prenne la relève du secteur public. Nous voulons favoriser les partenariats public-privé », a indiqué Amadou Hott, ministre de l’Économie du Sénégal, devant un parterre d’investisseurs japonais à l’occasion de la Ticad 7 (Tokyo International Conference on African Development – en français, Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique)qui s’est ouverte ce mercredi. C’est là l’une des illustrations les plus fortes que les dirigeants africains présents à cette 7e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique se montrent décidés à parler « business » avec le secteur privé nippon, et non plus d’« aide » avec les établissements publics.

L’Afrique, espace d’investissement

Sénégal, Bénin et autres pays africains francophones doivent être vus comme un espace privilégié d’investissement en Afrique, ont insisté mercredi des ministres de ces États en visite au Japon dans le cadre de la conférence Ticad 7. « Le Bénin comme le Sénégal sont des portes d’entrée vers l’ensemble de l’Afrique », a expliqué son homologue du Bénin, Romuald Wadagni, les deux vantant les mérites de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa, huit États). Après des réformes concernant le travail (afin de réduire les périodes de grève), et rendre l’énergie disponible, « nous pensons que les conditions sont créées pour faire venir des industries de transformation », a assuré M. Wadagni. « Le Bénin est stable et sûr, nous sommes disposés à faire des affaires et décidons rapidement, il y a de nombreuses opportunités », a affirmé le ministre béninois. « Idem pour le Sénégal », a renchéri son homologue sénégalais. Les deux pays ont un même objectif : transformer leur production sur place, ce qu’ils ont commencé à faire, mais veulent accentuer, si possible avec l’aide d’industriels et investisseurs étrangers.

Poser un partenariat pour plus de création de valeur

« Nous sommes ouverts à tous les pays et nous croyons aux transferts de technologies. Le Japon peut nous aider à former nos jeunes, nous apporter des techniques, on peut travailler ensemble au moment où la Ticad est de plus en plus tournée vers le secteur privé, c’est très bien, ça tombe au bon moment », a souligné M. Hott. « Notre objectif est que deux tiers de ce que nous produisons soient transformés sur place », a pour sa part précisé M. Wadagni. Le Bénin a déjà conclu des projets avec le monde des affaires japonais, notamment avec la maison de commerce Marubeni et la Banque japonaise de développement international (JBIC), pour la création d’une usine de transformation de coton. « On n’aurait pas pu le faire il y a un an, car nous n’avions pas encore mené les réformes nécessaires, mais désormais les conditions sont créées », a précisé le ministre Wadagni. Le Sénégal, lui, veut, entre autres, transformer son arachide sur place au lieu de l’exporter brut.

Par Le Point Afrique (avec AFP)

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