Impact économique du Covid-19 : Que l’Afrique subsaharienne s’apprête à trinquer

Moins de 600 morts du coronavirus en Afrique, contre 90 000 dans le monde. Le continent africain semble souffrir moins de l’impact humain de la pandémie du Covid-19. En tous les cas, le nombre de défunt n’est en rien comparable à la flèche funèbre des Etats-Unis ou des chiffres macabres de l’Europe. Du moins, pour l’instant, les prédictions apocalyptiques ne sont pas encore vérifiables sur le sol africain, même si 577 morts sont énormes à l’échelle de la conscience humaine.

Mais si l’impact sur le plan humain semble moindre, il risque d’en aller autrement pour son porte-monnaie. La Banque mondiale est alarmiste. La récession devrait installer ses tentacules tétanisants sur le sol de la croissance en Afrique subsaharienne. L’institution prévoit une chute de – 2,1 % à 5,1%. Ce sera donc la première récession de cette partie de l’Afrique depuis 25 ans.

Les mastodontes risquent d’accuser le coup. L’Afrique du Sud, l’Angola, le Nigéria devraient voir leurs chiffres baisser. Mais ces chiffres ne représentent pas grand-chose jusqu’à ce qu’on les matérialise.

Une vingtaine de millions d’emplois sont menacés. Autant de familles qui risquent de tomber brutalement dans le gouffre de la précarité, de la misère. Les ingrédients de l’instabilité sociale seront ainsi réunis. Une pas très bonne nouvelle pour les pays de ce continent qui cherchaient déjà difficilement à voir le bout du tunnel. Mais ce n’est pas tout. L’insécurité alimentaire pointe du nez, les prévisions, toujours alarmistes, prédisant que les productions agricoles risquent de chuter de 2 à 7%. En plus donc d’avoir les poches trouées, les Africains devraient également s’attendre à ne pas avoir assez à manger.

Une autre insécurité viendra ajouter son grain d’amertume. C’est celle terroriste qui léchait déjà de façon brûlante les pays du Sahel. On l’a déjà dit. Les terroristes ne connaissent pas le coronavirus et continuent de mener leurs activités criminelles sans gant, sans masque et encore moins de gel hydroalcoolique ! En temps plus ou moins rose, les canons avaient déjà des difficultés à recevoir assez de boulets pour pilonner l’ennemi. Qu’en sera-t-il si le front des budgets percés venait à s’ajouter ?

Les Africains devront craindre certes la maladie, mais encore plus ses effets «secondaires». Il est important que leurs dirigeants fassent preuve de lucidité, d’imagination et d’audace pour sortir leur peuple de cette situation. A l’évidence, les 20 milliards d’Euros de l’Europe et le 1,2 milliard d’Euros de la France combleront quelques trous mais pas le gouffre causé par le Covid-19 dans les pays africains.

Ahmed BAMBARA
Aujourd8.net

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