Des Libyens enfilent des gilets jaunes pour dénoncer le «soutien» de Paris à Haftar

Plusieurs milliers de personnes, certaines arborant un gilet jaune, se sont rassemblées vendredi 19 avril en Libye pour dénoncer la politique de la France, qu’ils accusent de soutenir le maréchal Khalifa Haftar, ainsi que l’offensive militaire lancée par ce dernier sur la capitale du pays.

Souvent vêtus de gilets jaunes, des milliers de manifestants ont protesté le 19 avril en Libye contre la politique de la France vis-à-vis de leur pays.

Ils étaient déjà venus le 16 avril, mais ils étaient plus nombreux vendredi, jour de prière. Quelques centaines ont mis le vêtement fluorescent devenu symbole du mouvement de contestation lancé en France le 17 novembre 2018 pour protester contre la politique du gouvernement et du Président français.

Les manifestants ont brandi des banderoles critiquant l’attitude de Paris ou dénonçant l’opération des forces fidèles au maréchal Haftar.

«Il faut que les autres pays arrêtent leur ingérence dans les affaires des Libyens, comme la France qui dit publiquement que c’est un pays ami mais soutient en cachette ceux qui attaquent notre ville et nos maisons», a indiqué une manifestante, Haifa al-Ferjani, citée par l’AFP.

Le 16 avril, les partisans des forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj, reconnu par la communauté internationale, se sont rassemblés pour exprimer leur opposition au maréchal Haftar.

La France a réaffirmé le 18 avril son soutien au gouvernement d’union nationale libyen après l’annonce par Tripoli de la suspension de la coopération sécuritaire avec Paris pour protester contre son soutien présumé au maréchal Haftar, homme fort de l’est libyen.

Un peu plus tôt, le ministère de l’Intérieur du gouvernement d’union nationale libyen reconnu par la communauté internationale, a accusé pour la première fois directement la France de soutenir le maréchal Khalifa Haftar dont les forces ont lancé un assaut contre la capitale Tripoli.

La Libye est plongée dans le chaos depuis le renversement du gouvernement et le meurtre de Mouammar Kadhafi en 2011. Le pays est divisé entre plusieurs entités rivales, avec notamment la présence à Tripoli du Gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj, soutenu par l’Onu et l’UE, et dans l’est, d’un parlement élu par le peuple et appuyé par l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar.

Sputniknews

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