Déboulonnage de statues : Pour une prise de conscience des suprémacistes et autres racistes

DEBOULONNAGE DE MONUMENTS DE PERSONNAGES HISTORIQUES

Depuis Houston, la ville du Texas où il repose, George Floyd, du nom de cet Afro-américain mort asphyxié par un policier blanc, doit s’estimer heureux. Car, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas mort pour rien. Bien au contraire! Sa mort qui a provoqué une véritable onde de choc à travers la planète, est en train de bouleverser un ordre longtemps établi selon lequel les Noirs sont inférieurs aux Blancs. En effet, après le démantèlement par le Conseil municipal, de la police de Mineapolis, l’on assiste à une série de déboulonnages de statues ou monuments rappelant l’esclavage ou la colonisation. Ainsi, la statue de Christophe Colomb dont on dit qu’il est le
« fondateur » de l’Amérique, a été déboulonnée à Los Angelès. La ville de Baltimore, quant à elle, s’est débarrassée de quatre monuments au moment où le Texas éliminait de ses artères, Robert Lee et Albert Sidney qui ont la sulfureuse réputation d’avoir travaillé à
« préserver l’esclavage ». Et ce n’est pas tout. Des manifestants en colère ont fait tomber un soldat confédéré, à Durham, en Caroline du Nord. Tandis que le Tennesse se prépare à déboulonner Nathan Bedford Forrest qui fut l’un des fondateurs du Ku Klux Klan , du nom de cette tristement célèbre société secrète d’une xénophobie violente à nulle autre pareille, qui combattait l’intégration des Noirs en Amérique.
Le débat sur les déboulonnages s’est même déporté en Afrique, en l’occurrence au Sénégal où des voix s’élèvent pour exiger des autorités, qu’elles déboulonnent la statue de Faidherbe installée à Saint-Louis. Quand on sait que la plupart des personnages historiques à qui l’on a rendu hommage en érigeant à leur mémoire, des monuments ou statues, traînent un lourd passif, on ne peut que comprendre la colère des manifestants.
Ce n’est pas demain la fin du racisme dans le monde
Ils sont dans leur bon droit. Surtout que c’est l’apologie d’un passé douloureux qui est faite. En tous les cas, l’Afrique, faut-il le rappeler, compte de valeureux hommes qui méritent d’être magnifiés. Pourquoi alors vénérer de faux héros qui, par-dessus le marché, ont causé beaucoup de torts à l’homme noir à cause de la couleur de sa peau ? On ose donc espérer que le tollé mondial suscité par la mort de George Floyd, permettra une prise de conscience des suprémacistes blancs et autres racistes qui restent encore nombreux aux Etats-Unis, en Europe et partout ailleurs. C’est pourquoi on prend le président français Emmanuel Macron au mot ; lui qui déclare que la France sera intraitable face au racisme. Plus qu’un effet d’annonce, on souhaite que le locataire de l’Elysée joigne l’acte à la parole pour que les Noirs ne soient plus traités comme des sous-hommes en France.
Cela dit, au-delà des déboulonnages et autres mesures cosmétiques contre le racisme, n’y a-t-il pas lieu de réviser le contenu de nos manuels scolaires quand on sait que l’histoire de l’Afrique enseignée aux petits blancs, a été écrite par le colon ? Voyez-vous ? Le problème paraît plus profond que l’on n’y pense. Car, au-delà de l’hypocrisie dont font montre certains, tout porte à croire que ce n’est pas demain la fin du racisme dans le monde.


Boundi OUOBA

Le Pays

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