De Arsène Lupin à Assane Diop

par Gérard Luçon.

Je n’ai rien contre Omar Sy, bien au contraire, je connais Ouro-Sogui depuis 1986 donc avant l’électrification de cette ville, et Matam ce vieux port de l’époque coloniale, et plus à l’est Bakel, le fleuve qu’on peut traverser en camion lors des sécheresses pour entrer en Mauritanie, la chaleur parfois insoutenable, mais quand même, quand on est « Peuhl » ou bien « Toucouleur » ça me surprend qu’on se fasse appeler Diop qui est un nom de « Wolof » et aussi de « Lébou » ! Omar aurait pu choisir un nom Peuhl, par exemple Wusewol …

Toutes proportions gardées j’ai du mal à imaginer qu’on nous fasse un feuilleton sur la Résistance en France avec un dénommé Abel Bonnard comme Adjudant dans les F.F.I. … encore que, puisque nos spécialistes de la reconstitution historique nous ont fait du chef d’œuvre « La guerre des Boutons », écrit par un instituteur, Louis Pergaud, mort au front en 1915, un feuilleton se passant durant la seconde Guerre Mondiale et ayant pour objet les Juifs et la déportation … nous pouvons  nous attendre à tout en matière de reprises plus ou moins historiques ! J’imagine Mandrin, le « Brigand bien-aimé », devenir notre « Rabbin des Fois ».

Et puis, dans ma Bonne Ville d’Orléans, nous avons bien eu pour le 8 mai 2018 une Jeanne d’Arc métisse, Mathilde Edey Gamassou ! Elle a très bien rempli son rôle (ou ses rôles), faisant oublier cette ancienne Jeanne d’Arc dans les années 90 qui, censée être de bonne famille et catholique, s’était retrouvée enceinte et avait été remplacée « au pied levé »…

1/- Quelques précisions sur ces noms d’Afrique de l’Ouest

Diop et N’Diaye https://fr.wikipedia.org/wiki/Diop

Les Diop lébous sont, à l’origine, une famille wolof venue du nord du Cayor, de la région du N’Diambour. Ils ont une importance similaire à celle des N’Diaye (auxquels ils sont apparentés) dans l’histoire sénégalaise. Ils ont pris le commandement de l’État « Lébou » au XIXe siècle. Cette famille Diop est issue d’une dynastie noble du Cayor, les Dorobe. Si le nom Diop est très répandu au Sénégal, cela est dû au grand nombre de serviteurs que cette famille noble possédait. Souvent dans le milieu Ouest-Africain, les serviles portaient le patronyme de la famille à laquelle ils étaient attachés.

Les Sy sont originaires d’Afrique de l’Ouest, notamment du Sénégal, du Mali et de Mauritanie. De langue peule, ce sont généralement des Toucouleurs appartenant souvent à la caste des Torôbé (hommes de la prière).

2/- Derrière le mythe de Arsène Lupin, un véritable anarchiste cambrioleur

Le texte qui suit a été intégralement copié de la page de Nantes Révoltée, sur un « réseau social » pratiquant la censure sélective – « Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend » ~ Alexandre Marius Jacob

La série française « Lupin » rencontre un succès mondial. Des dizaines de millions de personnes ont regardé les épisodes. Le héros, Assane Diop, va s’inspirer du personnage de Arsène Lupin, célèbre « gentleman cambrioleur » pour se venger d’une injustice. Sauf que derrière Arsène Lupin, il y a un homme bien réel, et tout aussi révolté contre la société que le personnage interprété par Omar Sy.

Cet homme s’appelle Alexandre Marius Jacob, il était anarchiste et cambrioleur. Il a traversé une vie hors norme, connu misère et fortune, fait la « une » de tous les journaux de son temps, résisté à l’oubli et au bagne : sa vie est encore plus incroyable que celle que l’on peut voir à l’écran ou dans les livres.

Voici son histoire.

Fils du peuple, enfant pauvre né en 1879 à Marseille, Alexandre Marius Jacob sillonne le monde en tant que mousse. Révolté par la société, il est envoyé en prison à 17 ans après été dénoncé par un agent infiltré alors qu’il préparait une action. Empêché de travailler, fiché pour « anarchisme », il décide de devenir « travailleur de la nuit » : un cambrioleur, qui ne volera que les riches. Véritable gentleman cambrioleur, il commet avec sa bande plusieurs centaines de vols, uniquement chez les ennemis du peuple : églises, magistrats, patrons et autres exploiteurs. Ils ne volent ni les pauvres, ni les métiers considérés comme « utiles ». Ils ne frappent que les « parasites de la société ». Son équipe, « Les Travailleurs de la Nuit » ira jusqu’à revendiquer ses coups d’éclat en laissant des petits mots ironiques et dénonciateurs sur les lieux des larcins.

Un jour, il se rend compte qu’il a cambriolé par erreur l’appartement de l’écrivain Pierre Loti, il remet tout en place et laisse un mot : « Ayant pénétré chez vous par erreur, je ne saurais rien prendre à qui vit de sa plume. Tout travail mérite salaire », et laisse dix francs pour la vitre brisée. Chaque membre du groupe doit reverser 10% de son butin à la cause révolutionnaire. Par ses exploits, Alexandre Marius Jacob fait énormément parler de lui, et c’est ainsi qu’il inspire le personne d’Arsène Lupin de l’écrivain Maurice Leblanc.

Les anarchistes de la Belle Époque sont à la pointe de l’innovation et de l’ingéniosité : la célèbre « bande à Bonnot » commet les premiers braquages en voiture, Auguste Vaillant est le seul à avoir réussi à faire sauter une bombe à l’Assemblée nationale, et Alexandre Jacob et ses amis sont des experts reconnus des vols en tous genre.

La règle des « Travailleurs de la nuit » est de ne pas utiliser la violence, mais ils laisseront quelques policiers trop zélés sur le carreau pour éviter d’être arrêtés. Pour eux, rien n’est plus précieux que la Liberté. Interpellé en 1906, Alexandre Marius Jacob continue à défier les puissants jusqu’au sein du tribunal. Lors de son procès, spectaculaire, il se moque des juges, se défend, fait rire les témoins, désobéit. Mais il est condamné à la déportation à perpétuité, au bagne de Cayenne. Les conditions sont extrêmement dures, et l’espérance de vie pour un bagnard est de quelques années seulement. Il tente de s’évader dix-huit fois et, tient tête à l’administration qui veut le briser. Il est isolé dans ces cellules épouvantables.

Alexandre Marius Jacob sort en 1928, très affaibli, après plus de 20 ans de bagne. Il tente de résister au fascisme pendant la guerre d’Espagne, mais la situation est désespérée. Il part vieillir dans un village de l’Indre, presque oublié, mais entouré d’amis. Il décide de mettre fin à ses jours après la mort de sa femme. La veille de son départ, il offre un goûter aux enfants pauvres du village, ultime cadeau d’un homme à la générosité sans limite. Avant de s’injecter une dose mortelle de morphine, le 28 août 1954, il pense à laisser deux bouteilles de rosé pour ses amis qui viendront s’occuper de sa dépouille. Et un petit mot : « à votre santé ! »

Mort à 74 ans, il aura traversé son existence en homme libre et révolté, malgré les enfermements et les répressions.

Une de ses formules, restée célèbre, est toujours d’actualité : « Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend ! » Puisque Lupin est à la mode, n’oublions pas la vie incroyable d’un héros du peuple ».

Ce résumé concernant « notre héros anarchiste justicier » est probablement enjolivé, mais il n’en reste pas moins que fin XIXe et début XXe les anarchistes existaient et étaient actifs !

3/- Pour synthétiser tout cela

Je me permets de conclure que dans le domaine des Médias et du cinéma rien n’est fait ni subventionné « au hasard ». Depuis quelque temps certains s’amusent à dresser les Français les uns contre les autres, et notamment ceux dits « de souche » contre ceux dits « d’origine immigrée » ! On a même le « loisir » de voir sur divers postes TV des Français d’origine immigrée venir demander que l’immigration cesse, comme si eux étaient utiles à notre pays, et pas les nouveaux … un Lupin noir fait partie de ces manipulations.

À titre personnel, et d’une manière invariable, je reste attaché au Droit du Sol, aux gens qui viennent et s’intègrent, payent leurs impôts en France, espérant qu’on décide (un jour proche) qu’aucun élu de la République ne puisse avoir une double nationalité, histoire de bien clarifier qui sert quel État ..

par Gérard Luçon

Réseau International

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