Conseil de sécurité: l’Australie charge l’ONU et réclame des sièges permanents pour toutes les régions

La réforme du Conseil de sécurité de l’ONU. Le sujet a beau animer les assemblées générales de l’institution, il n’en est pas moins usé. Lundi encore, il a été remis sur la table lors d’une réunion de l’assemblée générale de l’ONU, cette fois par l’Australie, qui exige un élargissement des membres permanents du Conseil de sécurité.

A la tribune de l’organisation, le nouvel ambassadeur d’Australie à l’ONU, l’ancien sénateur libéral Mitch Fifield, a estimé qu’il est primordial d’accorder des sièges de membres permanents du Conseil de sécurité à l’Afrique, mais aussi à l’Asie et à l’Amérique latine. Le diplomate prévient en effet que l’organe le plus puissant de l’ONU risquait de devenir un anachronisme et qu’il « devait se réformer et évoluer pour répondre efficacement aux défis du XXIe siècle ».

Vieux de plus de 70 ans, le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas connu grande modification depuis son établissement juste après la Deuxième Guerre Mondiale. Les cinq membres permanents – Etats-Unis, Russie, France, Chine et le Royaume – dotés d’un droit de veto, décident de la sécurité dans le monde au gré de leurs idéologies et intérêts. Outre les cinq puissants, 10 pays représentant différentes régions du monde siègent au conseil pour un mandat de deux ans. Les membres non-permanents n’ont pas le droit de veto.

Requête récurrente

Et depuis les années 1970, des pays émergents et en développement, forts de leurs démographies croissantes, des avancées économiques et d’une redéfinition de la géopolitique mondiale, réclament leur intégration au rang de membres permanents. C’est notamment le cas de l’Afrique du Sud, du Nigeria, de l’Algérie, de l’Egypte, de l’Allemagne ou encore de l’Inde. L’ancien président zimbabwéen Robert Mugabe, de regretté mémoire, n’hésitait d’ailleurs pas à lancer des diatribes contre l’instance lors de ses discours à la tribune de l’ONU.

Fin septembre, le chef d’Etat de la Sierra-Leone, Julius Maada Bio s’y collait également relevant que la patience du continent est mise à rude épreuve.

Si nombre de pays agréent une reforme du Conseil de sécurité, le principal point d’achoppement reste le maintien du droit de veto ou non. Sur la question, la France – qui utilise son droit de veto de manière sporadique et plaide pour l’intégration de l’Allemagne, l’Inde, le Brésil et le Japon en tant que membres permanents – estime qu’il serait nécessaire de suspendre le veto face aux atrocités de masse afin d‘éviter l’inaction du conseil dans une crise humanitaire.

Non catégorique de la Russie qui voit dans cette prérogative une manière d’empêcher le conseil de se lancer dans des “projets douteux”. Les États-Unis se sont également opposés à la modification.

Des supputations qui n’offrent en rien une visibilité sur un calendrier pour une éventuelle réforme du Conseil de sécurité, attendue depuis des décennies.

Carole KOUASSI

Africanews

Laisser un commentaire