Colonisation du Congo: enfin ce geste si nécessaire, qui grandit le Roi et son pays


Pour Philippe, cette prise de parole était d’autant plus difficile que cela s’inscrit en rupture avec son oncle et mentor, le roi Baudouin.

A l’époque de l’État indépendant du Congo, des actes de violence et de cruauté ont été commis qui pèsent encore sur notre mémoire collective. La période coloniale qui a suivi a également causé des souffrances et des humiliations. Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé […]. »
Il y a dix ans à Kinshasa, ces mots-là étaient attendus par tout un peuple qui fêtait les 50 ans de son indépendance. Le roi Albert II avait fait le déplacement pour ce qu’on espérait être le moment clé qui allait enfin permettre de regarder une histoire commune avec sérénité, ou à tout le moins, vérité. La déception fut très grande face à un manque de courage, de grandeur, de lucidité car assumer ces responsabilités coloniales aurait permis de reconnaître le passé, mais surtout de solidifier l’avenir. C’est donc Philippe, le seul Roi qui n’a jamais été dans l’ex-colonie belge, qui assume, dix ans plus tard, et pose ce geste fort et historique.


Par Béatrice Delvaux,

Éditorialiste en chef

LeSoir.be

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