Bénin : SOIXANTE ANS DE DEPENDANCE NEO-COLONIALE Quel bilan ?


Le 1er Août 1960 a été proclamée l’indépendance du Dahomey Bénin. Quel bilan faire ?
Nous le ferons en les rubriques suivantes : 1° Depuis notre dite indépendance de la France en 1960, qu’est-ce qui a pu changer ? 2°- Depuis 1960, qu’est-ce qui n’a pas changé ? 3° Que faire ou comment faire aujourd’hui pour que tout un chacun trouve à respirer librement, à manger, à se former, à travailler, à se soigner, à faire réussir ses enfants, bref à développer ce pays.
I- DEPUIS NOTRE DITE INDEPENDANCE DE LA FRANCE EN 1960, QU’EST-CE QUI A PU CHANGER ?
Certains disent que depuis 1960, rien n’a changé. Non nous ne dirons pas cela. Le 1er Août 1960, à la Place de l’indépendance à Porto-Novo, notre peuple a vu descendre le drapeau français et monter le drapeau vert jaune rouge du Dahomey-Bénin ; on a chanté un hymne (Aube Nouvelle) au lieu de l’hymne français, « La Marseillaise ». Au lieu du gouverneur français blanc, Maga est monté au pouvoir et a formé son Gouvernement. Cela c’est clair, c’est un changement. On a même fêté ; et c’est justice. Après cela, est intervenue une série de coups d’Etat qui ont vu défiler après Maga, les Présidents tels que Apithy, Ahomadégbé, le Général Christophe Soglo, Congacou Taïrou, Kouandété, Emile de Souza, Sinzogan, Zinsou D. Emile, le Conseil Présidentiel de MagaApithy-Ahomadégbé, Kérékou I, Soglo Nicéphore Dieudonné, Kérékou II et III, Yayi Boni I et II puis actuellement Talon. On a ainsi vu entre temps le pouvoir pseudo-révolutionnaire de Kérékou parler de « révolution » de « marxisme-léninisme » avec un autre drapeau et même le nom du pays changé. Et du Dahomey, on parle désormais de Bénin. Tout cela aussi, ce sont des changements.
Qu’est-ce qu’on peut dire qui a changé encore ? La population a plus que quintuplé passant de 2.431. 622 en 1960 à presque 12 millions aujourd’hui. Ce qui a changé, le développement de grandes villes telles que Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Bohicon, Djougou, Abomey-Calavi et le dépeuplement des campagnes ; beaucoup de nos citoyens vont à la ville à la recherche de meilleures conditions de vie et de travail et tout cela est normal. Ce qui a changé, c’est qu’il y a plus de routes, de pistes et donc plus de communications et des brassages entre les diverses
Enfin ce qui a changé, le Bénin autrefois pays verdoyant et classé par la colonisation, de pays forestier, est devenu aujourd’hui semi-désertique avec l’avancée dramatique du désert jusqu’aux portes de Parakou. Beaucoup de cours d’eau se sont asséchées. Nous avons aujourd’hui la pauvreté alimentaire et même la pauvreté absolue tant en possession d’argent qu’en aliments naturels à cueillir. Il y a quelques décennies, on peut dans les campagnes disposer de peu d’argent en poche, mais quand même trouver des produits de pêche, de chasse, de fruits naturels bref ce qu’on appelle vivre de « l’économie naturelle ».
Aujourd’hui, ce n’est plus possible. On peut avoir trois fois plus d’argent en poche et avoir moins de produits à consommer et avoir plus faim qu’il y a soixante ans. C’est du changement tout cela ; car si en 1960 la pression démographique était faible, aujourd’hui les exigences de la population notamment des jeunes (du fait de leur nombre et de leur extrême misère et désolation) sont énormes. C’est tout cela qui fait déclarer par certains que, depuis 1960, rien n’a changé.
II- DEPUIS 1960, QU’EST-CE QUI N’A PAS CHANGE ?
Cette impression qu’en réalité depuis 1960, rien n’a changé revêt une vérité profonde. Ce qui n’a pas changé depuis 1960 est justement l’essentiel de ce qui fait un Etat indépendant et qui permet l’amélioration continue des conditions de vie et de travail des citoyens. Ce qui n’a pas changé, c’est que notre pays est et demeure un « Enclos colonial français ». Le Bénin est resté une colonie française badigeonnée sous appellation trompeuse de pays indépendant simplement doté d’un drapeau, un hymne et un siège à l’ONU. Le Bénin ne dispose en fait d’aucun des attributs de souveraineté d’un Etat : la monnaie, la défense, la langue, la diplomatie, les leviers économiques stratégiques.
La diplomatie de notre pays se trouve conservée aux mains de la France dans les instances internationales ; les richesses minières du sous-sol sont déclarées propriétés éminentes de la France ; les entreprises et les produits français ont droit de priorité et de monopole dans notre pays. Tous les secteurs stratégiques sont aux mains de la France ou de pays alliés à la France : le Port, l’aéroport, les stations de recherche agronomiques. Tel est le contenu d’un Pacte secret (Pacte Colonial) qu’on a fait signer à nos Jeunes Etats et que l’on fait exécuter sous peine de mort à nos Gouvernants choisis et imposés par l’Elysée.
Les Institutions imposées telles la Francophonie, l’OHADA, le CAMES sont là pour perpétuer le système colonial avec un système scolaire le plus aberrant et archaïque au monde. Du point de vue de la démocratie, c’est la « Démocratie de Prisonnier », celle voulue par la France pour le maintien de ses Intérêts en tant que puissance coloniale. Le peuple était en lutte en 1989 pour le renversement de l’Autocratie de Kérékou et l’instauration d’un pouvoir démocratique et patriotique ; la France récupère le combat et fait organiser par ses sbires (Kérékou, Mgr De Souza, Dossou Robert etc.) sa « Conférence des Forces vives » pour le maintien de son système En résumé, ce qui n’a pas changé depuis 1960, c’est les questions existentielles de l’Etat béninois telles celles de la récupération de notre souveraineté monétaire (Nos réserves sont toujours confisquées auprès de la Banque de France et notre monnaie continue d’être fabriquée à Chamalières et comme on l’a souligné plus haut) ; celle de notre souveraineté linguistique ; celle de notre souveraineté économique.
III- QUE FAIRE OU COMMENT FAIRE AUJOURD’HUI POUR QUE TOUT UN CHACUN RECOUVRE LA LIBERTE, LA LIBERTE DE PRODUIRE POUR UN RAPIDE DEVELOPPEMENT DU PAYS ?
Les démons du Présent : C’est la voie Patrice Talon. Il faut s’en débarrasser. Il ne semble y avoir à ce sujet pas grande controverse. C’est la forme la plus archétypique de la confiscation des pouvoirs économiques et politiques avec l’appauvrissement général de la population. A ce sujet, il est rare d’avoir une telle unanimité sur la nécessité du départ du pouvoir de la rupture comme premier pas pour l’épanouissement du pays et de ses hommes. Les élections s’approchent. Peut-on imaginer pouvoir parvenir à le faire partir par les élections futures ?
Certainement non. Les démons du Présent c’est aussi les autres « Gouverneurs à peau noire » que la France Coloniale prépare activement pour prendre la relève (éventuelle) de Patrice Talon et perpétuer le système. Il faut simplement que tous les patriotes de ce pays (qui refusent l’humiliation séculaire), s’allient en une Sainte Alliance Pour la Patrie afin d’œuvrer au renversement de tout le système de type colonial, et instaurer un Gouvernement de Salut Public et de Patriotisme autour d’un programme émancipateur.
SAMSON

Afriques en lutte

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