Af. du Sud : Malema rempile à la tête des Economic Freedom Fighters

La reconduite a été mouvementée, mais Julius Malema a réussi à arracher la confiance des délégués de son parti des Combattants de la liberté économique (EFF).

C’est reparti pour cinq ans pour l’ex-leader des jeunes de l’African National Congress (ANC) à la tête du parti qu’il a créé, celui des Combattants de la liberté économique (EFF). Ce week-end, les 3 800 délégués de l’EFF, réunis en congrès à Johannesburg, lui ont de nouveau accordé leur confiance. « La raison pour laquelle j’ai été réélu ? Je travaille très dur, a réagi Julius Malema devant la presse, rapporte le Times Live. Je ne prends rien pour acquis, je fais attention au moindre détail. » La veille, bonnet rouge vissé sur la tête, il avait rappelé la raison d’être de son parti : représenter « les pauvres et les opprimés ». « Les cicatrices du colonialisme et de l’apartheid sont toujours là. L’échec à changer les structures de la propriété dans notre économie et à rendre la terre à notre peuple a abouti à ce que notre peuple dispose de droits politiques, mais pas de liberté économique », a-t-il lancé sous les applaudissements.

Objectif principal : redistribuer les richesses
La redistribution des richesses au profit de la majorité noire du pays est le credo de Julius Malema depuis qu’il a créé l’EFF, en 2013, à la suite de son exclusion de l’ANC. L’ancien président de la branche jeunesse du parti actuellement au pouvoir s’est ainsi toujours exprimé en faveur de l’expropriation sans indemnisation des terres détenues en majorité par la minorité blanche. Une opinion copiée sur la réforme agraire appliquée par le Zimbabwéen Robert Mugabe. À l’époque, Julius Malema l’avait d’ailleurs qualifiée de « courageuse, correcte et réussie », malgré ses conséquences désastreuses pour l’économie du pays. De l’ancien dirigeant du Zimbabwe, Julius Malema a aussi copié la verve. Ses discours au vitriol et ses propos polémiques, parfois jugés « anti-Blancs », l’ont à plusieurs reprises conduit devant les tribunaux.

Malgré cela, l’EFF s’est, en six ans, imposé dans le paysage politique sud-africain. En mai dernier, le parti a récolté 11 % des suffrages, un chiffre en hausse par rapport au scrutin de 2014. L’EFF compte aujourd’hui 44 députés au Parlement du Cap, contre 25 auparavant. Les accusations portées à l’encontre de Jacob Zuma, empêtré dans des scandales de corruption, ont donné du galon au parti et permis de conquérir une part de l’électorat sud-africain, séduit par la franchise des représentants de l’EFF et son apparente intégrité.

Sous le feu d’accusations de corruption…
Mais les affaires, ce mal qui ronge l’Afrique du Sud depuis une dizaine d’années, ont aussi rattrapé ce parti radical et son président. La possession d’une arme à feu lors d’un rassemblement politique à Londres l’année dernière et une altercation avec le personnel de sécurité lors des funérailles de Winnie Mandela ont valu à Julius Malema des poursuites judiciaires. Mais ce qui agite aujourd’hui le parti est un scandale de corruption révélé par le Daily Maverick. Le site d’information en ligne a récemment publié plusieurs articles qui accusent plusieurs dirigeants du parti, dont Julius Malema, de détournement de fonds. Si elle est avérée, l’affaire qui lie la VBS Mutual Bank – aujourd’hui disparue – au charismatique chef de l’EFF pourrait porter un sacré coup à sa légitimité à la tête du parti EFF. D’après les journalistes sud-africains, Julius Malema aurait puisé dans l’épargne de déposants pauvres de la banque pour « couvrir des dépenses scolaires de son fils », et se payer des costumes sur mesure de la créatrice Linda Makhanya ainsi que des pièces de marque Gucci et Louis Vuitton.

… que Julius Malema dément
Des accusations que le principal intéressé a qualifiées de « tempête dans un verre d’eau ». Ces articles ont d’ailleurs empêché le média en ligne d’obtenir son accréditation pour le congrès de l’EFF. Par solidarité, la chaîne d’information eNCA a décidé de suspendre sa couverture du congrès de l’EFF. Une décision qui n’a, semble-t-il, pas vraiment affecté Julius Malema. « Je ne suis pas un dictateur ; je suis un travailleur acharné. Je viens de rien. Né d’une employée de maison qui souffrait d’épilepsie, j’ai gravi les échelons tout seul, sachant d’où je viens », a-t-il affirmé devant la presse – accréditée – ce dimanche. « Je me fiche donc de ce qu’ils pensent de moi », a-t-il conclu.

Par Marlène Panara – « Afrique du Sud : Malema rempile à la tête de ses Combattants » –

le Point Afrique

Laisser un commentaire