Tunisie: l’union nationale et la volonté du peuple, mots-clés d’un avenir prospère et stable

(SYNTHESE) « L’union nationale ainsi que la volonté du peuple seraient les principales clés pour réussir une sortie rapide de la crise actuelle, dont tout le monde en souffre », a souligné mercredi le président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi, à l’occasion du 63ème anniversaire de l’indépendance de son pays.

Dans son discours, au palais de Carthage face à bon nombre de ministres, dirigeants politiques et composantes de la société civile, M. Essebsi a reconnu la délicatesse de la conjoncture socioéconomique de son pays mais surtout un échiquier politique bouleversé à quelques mois des élections législatives et présidentielles de fin 2019.

« La Tunisie a, depuis toujours, relevé les défis grâce à l’union nationale que je veille à ancrer depuis mon élection en tant que président de tous les Tunisiens et Tunisiennes », a dit le chef d’Etat tunisien.

« La fête du 20 mars, a-t-il poursuivi, est l’occasion de rappeler les énormes sacrifices consentis par le peuple tunisien dans toutes les crises qu’a connu le pays d’autant plus que l’unité nationale a réussi à surmonter les difficultés: nous devons évoquer le passé comme une leçon à graver dans notre mémoire passée, présente et future ».

M. Essebsi a insisté que « la Tunisie a été témoin de divergences politiques au cours de la période de négociations avec la France en vue de l’indépendance (…) mais la crise a été surmontée en formant le premier gouvernement d’union nationale après la signature du document de l’indépendance et la création de l’Assemblée nationale constituante, ainsi que par la capacité de construire l’État, de créer des institutions et de réaliser concrètement l’indépendance ».

Sur le plan politique, le président Essebsi a critiqué la performance du gouvernement de Yousef Chahed, en particulier en ce qui concerne les indicateurs négatifs enregistrés au cours des trois dernières années, notamment le taux élevé d’endettement public, d’inflation et du déficit commercial.

M. Essebsi s’est affiché, toutefois, optimiste, dans la mesure où « des solutions sont possibles sous la forme d’une modification des politiques de l’État, notamment dans le domaine de la valorisation des ressources naturelles : force sera de compter sur nos ressources propres et non plus sur des prêts de l’étranger ».

Dans ce sens d’idée, M. Essebsi a invité son chef de gouvernement, Youssef Chahed, à « dépasser le différend opposant les responsables des deux sommets du pouvoir exécutif (…) mes positions contre la politique du gouvernement ont été conçues en ma qualité de président de la République ».

« La poursuite du boycott et du différend ne servait pas la Tunisie […] la situation serait compliquée. Pour ce qui est de la candidature à la présidentielle, il s’agit d’une affaire secondaire par rapport aux défis auxquels le pays est confronté, ce qui nécessite que les politiciens soient des hommes d’État qui sont dans l’intérêt du pays évitant leurs intérêts personnels ».

Dans son discours, le chef d’Etat tunisien a proposé l’amendement de la Constitution actuelle avant la tenue des élections législatives (prévues pour le 6 octobre prochain) et la présidentielle (10 novembre pour le premier tour) et à trouver une solution au « tourisme parlementaire » qui ne sera, a-t-il conclu, qu’un handicap sur la voie d’une transition démocratique sereine.

Xinhua

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