Togo: Arrêter la « mascarade électorale ».


La Coalition appelle à maintenir la résistance, la Cedeao et le G5 interpellés

Deux morts encore, ce lundi, à Sokodé, au Togo, après les violents affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre et de défense. La tension est visible partout avec l’important déploiement des militaires qui patrouillent.

La coalition de l’opposition n’entend pas lever le mot d’ordre des dix jours de manifestation lancé pour empêcher les élections. Dans un communiqué rendu public, ce lundi, la coalition des 14 partis de l’opposition demande une nouvelle fois d’arrêter la « mascarade électorale ».

Plusieurs appels et initiatives sont pris à divers niveaux pour éviter le pire. Dernier appel en date, ce matin, l’ancien archevêque de Lomé et ancien président de la Conférence nationale, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro a estimé qu’il n’était pas conseillé, dans la situation actuelle d’organiser des élections dans la précipitation.

Dans la société civile, Espérance pour le Togo demande pour sa part aux Togolais de ne pas accepter l’organisation de cette élection sans les réformes. Pour son premier porte-parole, le révérend père Pierre Chanel Affognon, « il n’est pas question d’organiser les élections sans les réformes ».

Togo Debout, une autre organisation de la société civile, a interpelé le secrétaire général des Nations unies lors d’un sit-in hier lundi. « Au regard de la situation de tension palpable dans le pays, a indiqué l’organisation, une action des Nations unies est la fois nécessaire et salvatrice ».

Dans le même temps, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Yark Damehane a appelé à la télévision nationale les acteurs politiques de la coalition à la responsabilité et demandé aux candidats aux législatives de continuer leur campagne dans la sérénité.  -RFI-

La Coalition appelle à maintenir la résistance, la Cedeao et le G5 interpellés

La Coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise a condamné lundi une répression barbare des manifestations. Selon le bilan communiqué par le regroupement politiques à la presse, il y a eu, jusqu’à lundi, 6 morts parmi les manifestants, de nombreux blessés ainsi que des arrestations. Les leaders de la Coalition s’expliquent difficilement la « passivité » du Groupe des 5 et surtout celle de la CEDEAO, médiateur de la crise togolaise. La coalition appelle les populations à maintenir la lutte jusqu’à l’arrêt du processus électoral.

« Face à la énième forfaiture du pouvoir que constitue la répression barbare des récentes manifestations légitimes des populations togolaises entrainant plusieurs blessés et des morts dont un enfant de dix (10) ans environ, tué à bout portant par balle par un commando circulant dans un véhicule pickup (4×4), la CEDEAO, le Groupe des 5 (Union Européenne, Allemagne, France, Système des Nations Unies, Etats-Unis d’Amérique) qui sont pour autant informés en temps réel de la situation explosive dans laquelle se trouve le Togo ne peuvent plus restés passifs », lit-on dans la déclaration de la Coalition.

Selon le bilan dressé par le regroupement politique coordonné par Brigitte Adjamagbo-Johnson, il y a eu 17 blessés à Anié dont 8 graves, 26 blessés à Sokodé dont 16 graves et un décès, 31 blessés à Lomé dont 3 décès, rien que pour la journée de samedi. La coalition annonce que lundi, deux morts et de nombreux blessés ont encore été enregistrés.

« … le seul objectif du gouvernement, en interdisant ces manifestations publiques des forces démocratiques, est de soumettre, museler et embastiller tout le peuple togolais pour faire aboutir son coup de force électoral afin de continuer de perpétuer la dynastie sanguinaire au pouvoir », écrit Mme Adjamagbo-Johnson.

Mais la C14 ne compte pas accepter que les partis en course pour les élections puissent organiser des manifestations publiques et qu’elle soit privée de cette liberté.

Appelant le gouvernement à arrêter « cette mascarade pendant qu’il est encore temps », la coalition demande à la CEDEAO et au groupe des cinq grandes ambassades présentes au Togo (G5) de prévenir le danger imminent que présage la situation actuelle.

Pour le regroupement de l’opposition, ces organisations doivent demander au « gouvernement d’arrêter le processus en cours pour que les acteurs se retrouvent devant le comité de suivi pour mettre en œuvre les 3 principaux points de la feuille de route à savoir : les mesures d’apaisement, la réalisation des réformes institutionnelles et constitutionnelles, la reprise du processus électorale de manière consensuelle par une CENI inclusive ».

Pendant ce temps, la Coalition « demande aux peuple togolais de continuer la lutte jusqu’à l’arrêt du coup de force électoral en cours » en vue de faciliter la réalisation de la feuille de route de la CEDEAO et les décisions du comité de suivi.

togobreakingnews.info

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