Franc CFA- Ndiawar Soumaré : «La BCEAO et la BEAC doivent passer sous contrôle effectif de nos États»


Selon le professeur de politiques économiques, et leader de ‘Forces du Sénégal’ Ndiawar Soumaré la question du franc CFA est un problème de système bien organisé. En effet dit-il « c’est dans le système de fonctionnement que le trésor public français impose ses volontés aux dirigeants de la BCEAO et de la BEAC.

D’abord par les droits de veto détenus par les représentants de la France au sein du comité de politique monétaire (alors que le président de la Commission de l’UEMOA n’y a qu’une voix consultative) et du Conseil d’administration.

Ensuite par le niveau des rémunérations et de retraites exorbitantes des Gouverneurs, de leurs adjoints et des Directeurs. La petite élite logée au sein du Trésor Public français a fait de ces dirigeants de vrais petits soldats, toujours prêts à répéter dans les médias que le « franc CFA est une monnaie stable ». C’est leur seul argument d’ailleurs ! Du président Alassane Ouattara (installé au pouvoir par la France) au petit Directeur de service de la BCEAO, ils n’ont que cette seule phrase comme argument. Après les accusations du dirigeant italien Luigi Di Maio, un ministre nigérien et un directeur Sénégal de la BCEAO sont sortis en « braves soldats » pour nous répéter le même refrain. Mais bon, Ils ne trompent plus personne maintenant.


Et l’ironie de ce système est qu’il n’y a aucun africain membre du comité de gestion du franc CFA au trésor public français, là où se prennent les véritables décisions.

D’ailleurs pourquoi un département d’un ministère d’un pays étranger gérerait-il la monnaie utilisée par nos États ? Pourquoi la France garde-t-elle 15% des billets produits « pour ses propres besoins » ? Pourquoi le franc CFA d’Afrique de l’ouest n’est pas convertible avec le franc CFA d’Afrique centrale ? Ce sont des questions que se posent tous les patriotes et tous les Panafricanistes.


Finalement, à quoi servent la BCEAO et la BEAC ? Par leur refus systématique de baisser les taux d’intérêts pour permettre le financement de nos économies, ces deux banques garantissent et pérennisent la domination de nos économies par les grandes entreprises françaises notamment.


Ce système sert uniquement à capter les devises des pays utilisant le franc CFA pour renflouer les caisses de l’État français et maintenir la main-mise des entreprises françaises sur nos économies. Cela implique évidemment une mise aux pas des gouvernements de la zone franc CFA par les menaces, les assassinats, le financement et l’armement de ‘rébellions’ de toutes sortes ».


Mr. Soumaré ajoute que « dire aussi que la France garantit le franc CFA est aussi faux : Ce sont les devises accumulées lors de nos exportations qui garantissent le franc CFA. Le Trésor public français n’ y est d’aucune utilité, sinon de capter, sans aucun mérite, les devises gagnées par les pays africains. Ce qui enrichit la France évidemment.

Donc ce qu’a dit Di Maio est totalement juste. Le système franc CFA doit être réformé. La France gagnerait à affronter les véritables problèmes et non chercher vainement à polluer les débats. Il ne peut plus y avoir de statut quo, le système franc CFA sous contrôle de la France est révolu. Elle doit se faire une raison. Sa relation avec ses anciennes colonies ne peut plus se fonder que sur le pillage de ces dernières. Et la fin inéluctable du système actuel de pillage se fera avec ou sans elle ».




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