Mthuli Ncube, ministre des Finances : « Nous comptons mener notre processus de privatisation sur la Bourse du Zimbabwe »

En marge du Word Investment Forum auquel il participait à Genève, en Suisse, Pr. Mthuli Ncube, ministre des Finances et du Développement économique du Zimbabwe a partagé avec nous certains secrets de la performance boursière et des perspectives économiques de son pays.

Agence Ecofin : Selon les dernières prévisions sur l’économie du Zimbabwe, la croissance pourrait atteindre 4,5% cette année 2018 et 5% en 2019. Quels pourraient être les principaux moteurs d’une telle performance économique ?
Mthuli Ncube : Tout d’abord, la taille de l’économie du Zimbabwe est plus grande qu’on ne le pensait initialement. Nous avons procédé à un réajustement de la base de calcul. Il y a deux semaines (vers la mi-octobre), nous avons annoncé que l’économie était 40% plus importante. La taille économique du pays est donc passée d’environ 18 milliards de dollars à plus de 25 milliards de dollars. Pour ce qui est de la croissance économique en 2018, oui, nous nous attendions à une croissance de 4,5%. Nous la fixons désormais à 6%, ce qui est une très bonne croissance. Ce qui la stimule, je dirai que les trois secteurs clés sont les mines, qui sont en croissance d’environ 26%. Ensuite, l’agriculture qui a augmenté d’environ 13%, puis le secteur de la construction, de 14%. Ce sont donc les principaux moteurs de la croissance au Zimbabwe.

« 6%, c’est une très bonne croissance. Ce qui la stimule, je dirai que les trois secteurs clés sont les mines, qui sont en croissance d’environ 26%. Ensuite, l’agriculture qui a augmenté d’environ 13%, puis le secteur de la construction, de 14%. »

Mais aussi, le secteur des services a grandi. Le secteur du tourisme affiche également une forte croissance, particulièrement au cours des derniers mois. Si vous allez à Victoria Falls, il n’est pas facile de trouver une chambre là-bas. Les hôtels sont pratiquement pleins et nous assistons à cet incroyable changement depuis l’entrée en vigueur du nouveau régime.

AE : Bien qu’actuellement en hausse, les prix des matières premières restent inférieurs à leurs niveaux d’il y a trois ou quatre ans. Quelle stratégie est mise en place pour renforcer la diversification de l’économie, telle que vous nous la présentez ?
MN : Notre stratégie pour la diversification économique repose sur la transformation initiale, à savoir que, même si les prix peuvent être modérés, il faut maximiser la valeur du produit. Par exemple, si vous regardez le secteur du charbon, nous travaillons à le transformer en carburant. Si vous regardez dans le gaz, il s’agira de convertir cela en engrais et, pour les dépôts de lithium, il est question de ne pas le faire parvenir aux fabricants de piles dans sa forme la plus brute. Il s’agit donc vraiment de travailler sur la valorisation, peu importe le niveau des prix on y gagnera. Mais si l’on considère ces secteurs et l’ensemble de l’économie, le Zimbabwe est déjà une économie diversifiée. Ce qui signifie que nous sommes plus chanceux que la plupart des pays en raison de notre base initiale que nous venons de transformer en profondeur.

AE : Les banques de Zimbabwe ont été invitées à augmenter leur capital minimum. Comment se déroule le processus ?
MN : La date limite qui leur est impartie est décembre 2020. Les banques ont donc, selon moi, le temps de ramener leur capital au niveau requis, en trouvant de nouveaux partenaires ou en procédant à l’émission de droits, quelle que soit leur activité, pour réunir leur capital. Et nous sommes absolument convaincus que toutes nos banques respecteront les délais.

AE : Lors de votre participation à ce Forum mondial de l’investissement, avez-vous également fait la promotion de votre bourse des valeurs, qui fonctionne plutôt bien ?
MN : Nous sommes réunis, au World Investment Forum, pour discuter avec des investisseurs potentiels de tous les secteurs et donc, même ceux qui investissent sur le marché boursier en quête de placements de portefeuille. Je voulais juste dire que nous débutons avec notre processus de privatisation, de sorte que davantage d’émetteurs arriveront sur le marché à la suite de ces privatisations. Il est important pour nous d’introduire certaines de ces sociétés en bourse. Ce sont environ 11 entreprises d’État qui doivent être privatisées. C’est notre intention, car c’est le moyen le plus simple de faire en sorte que les Zimbabwéens ordinaires y participent, mais aussi la diaspora, qui est importante, et les investisseurs étrangers. Aller à la bourse est la clé.

« Il est important pour nous d’introduire certaines de ces sociétés en bourse. Ce sont environ 11 entreprises d’État qui doivent être privatisées. Aller à la bourse est la clé. »

Mais aussi pendant que nous sommes ici, nous discutons avec les investisseurs du côté des investissements directs étrangers, pour obtenir des engagements à long terme et soutenir des projets d’infrastructures, ainsi que le secteur de l’électricité et celui de l’agriculture.

AE : Avec ce nouveau leadership dans votre pays, que dites-vous à la communauté des investisseurs internationaux qui seraient en quête d’opportunités d’investissement au Zimbabwe ?
MN : Je voudrais leur dire que le Zimbabwe est ouvert aux affaires, ils doivent y venir et examiner toutes les opportunités dans différents secteurs, que ce soit dans les secteurs des mines, de l’agriculture, des services financiers, des infrastructures et des marchés boursiers.

« Nous sommes en train d’ouvrir partiellement le compte de capital afin que les investisseurs puissent désormais rapatrier une partie de leurs revenus, avec la mise en place d’un compte séparé qui permettra des entrées et des sorties de capitaux plus facilement ».

Nous établissons un guichet unique pour accélérer le processus de leurs implantations au Zimbabwe et ainsi que leurs sorties. En réalité, nous sommes en train d’ouvrir partiellement le compte de capital afin que les investisseurs puissent désormais rapatrier une partie de leurs revenus, avec la mise en place d’un compte séparé qui permettra des entrées et des sorties de capitaux plus facilement.

Entretien mené par Idriss Linge à Genève

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