Matières premières : cet avenir radieux qui attend le café africain

La conjugaison de l’augmentation de ses superficies arables avec l’amélioration de sa qualité pourrait permettre au café africain de dominer le marché mondial dans les prochaines années.

L’affirmation vient d’experts qui se sont confiés à l’agence chinoise Xinhua la semaine dernière à Kigali. Pour Peter Kettler, directeur de produit monde pour le café au sein de Fairtrade International, la production de café du continent pourrait augmenter de plus de 2 millions de sacs au cours de chacune des cinq prochaines années, au fur et à mesure des progrès de l’exploitation agricole dans la plupart des pays producteurs de café tels que l’Éthiopie, la Côte d’Ivoire, l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda et la Tanzanie.

Le gros potentiel expliqué
« L’Afrique dispose d’une énorme opportunité de dominer le marché mondial du café dans l’avenir proche,car la consommation de café est en plein essor au niveau mondial », a poursuivi Peter Kettler en marge de la 17e conférence et exposition africaine des cafés fins à Kigali, capitale du Rwanda, événement de trois jours qui a rassemblé plus de 600 délégués, dont 65 exposants, venus d’Afrique et au-delà pour discuter des moyens d’augmenter la qualité et la compétitivité des cafés produits en Afrique. Y étaient représentés le Cameroun, le Burundi, l’Éthiopie, la République démocratique du Congo, l’Ouganda, le Kenya, le Malawi, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe et le Rwanda. Poursuivant sa réflexion, Peter Kettler a indiqué que « les grands producteurs de café comme le Brésil et les autres pays d’Amérique latine ont été exposés à différents défis environnementaux et des maladies du café ont réduit la production de café, ce qui offre au café africain une bonne occasion d’augmenter leur production et leurs exportations ». Ria Stout, directeur régional de Rainforest Alliance, un programme de certification destinée aux compagnies du café et basé aux États-Unis, a abondé dans le même sens en observant que les grains de meilleure qualité d’Afrique faisaient l’objet d’une attention plus soutenue sur le marché mondial. Pour Ishak Lukenge, président de l’Association africaine des cafés fins (AFCA), « la demande de cafés africains avait tendance à augmenter en raison de la popularité croissante des cafés spéciaux, qui représentent aujourd’hui près d’une tasse sur deux consommée en Amérique et en Europe ». Et d’ajouter : « Les pays africains producteurs de café ont rationalisé l’ensemble de la chaîne de valeur de la préparation du terrain à l’exportation, augmentant la capacité du continent à faire face à une demande toujours croissante de café. »

Une production portée par le marché
Pour renforcer les opportunités pour le café africain, il y a ce constat fait par le Forum économique mondial (FEM) selon lequel l’Afrique représente aujourd’hui près de 12 % de la production mondiale de café alors que ses grains sont particulièrement recherchés par les connaisseurs de café. Par ailleurs, la consommation mondiale de café devrait augmenter d’un tiers d’ici à 2030, pour s’élever à près de 200 millions de sacs, en raison de l’essor démographique et de l’augmentation des revenus disponibles, selon le FEM.

LE POINT AFRIQUE (AVEC XINHUA)

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