Maroc : Le TGV Tanger-Casablanca sur les rails

Une enveloppe de 23 milliards de dirhams a été mobilisée par le Maroc pour mener à terme son projet de première ligne de train à grande vitesse (TGV) au Maghreb et en Afrique.

Pour y arriver, le royaume a fait appel à ses principaux partenaires, notamment la France et certains pays arabes.

Dans le détail la France a mobilisé 11 milliards de dirhams, soit 51% de l’investissement global du projet. 625 millions d’euros via un prêt dédié aux pays émergents, 300 millions par l’Agence française de développement et un don de 75 millions d’euros.

Les pays arabes ont apporté 400 millions d’euros, dont 144 millions d’euros via le Fonds saoudien de développement, 100 millions par le Fonds koweïtien de développement arabe, 70 millions d’euros par Abu Dhabi et 86 millions par le Fades.

Le Maroc a lui mobilisé 4,8 milliards de dirhams en plus d’un millard fourni par le Fonds Hassan II de développement économique et social.

Le coût de cette ligne est le moins cher au monde, 9 millions d’euros par km contre 20 millions d’euros par km en France.(https://www.bladi.net/maroc-cout-construction-tgv,53535.html)

Maroc : Le TGV Tanger-Casablanca sur les rails

En ce 15 novembre 2018, au moment où, à Ouagadougou, le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré, procédait à l’inauguration officielle de l’échangeur du Nord, le plus grand des quatre échangeurs de la capitale burkinabè, à Tanger au Maroc, le roi Mohammed VI et son invité de marque, le président français Emmanuel Macron, inauguraient, eux, la ligne de Train à grande vitesse (TGV) Tanger-Casablanca. Au Burkina Faso, il s’agit d’un joyau de 70 milliards de F CFA. Au Maroc, c’est « un chantier titanesque » de plus de deux milliards d’euros, soit plus de 1 310 milliards de F CFA. A chacun selon ses moyens ! Une chose est certaine, ces deux infrastructures, qui permettront la fluidité du trafic, font la fierté nationale des pays concernés.

Le Train à grande vitesse (TGV) Tanger-Casablanca, inauguré le 15 novembre 2018, en présence du roi du Maroc Mohammed VI et du président français Emmanuel Macron, est la première Ligne à grande vitesse (LGV) d’Afrique. Cette ligne via la ville de Rabat, la capitale politique marocaine, est longue d’environ 350 km. Sa construction a coûté, au total, deux milliards d’euros, dont 49% à la charge du Maroc.

La présence d’Emmanuel Macron à cette inauguration, n’est pas un fait fortuit. En effet, « l’Etat français a financé 51 % du projet, grâce à plusieurs prêts accordés par l’Agence française de développement (AFD) de 220 millions d’euros ». En plus, « de nombreuses entreprises françaises ont participé à la construction de cette Ligne à grande vitesse ». C’est la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) qui a assuré l’assistance de l’Office national des chemins de fer marocains (ONCF) pour la maîtrise d’ouvrage.

Selon l’Agence marocaine de presse (MAP), cette toute nouvelle Ligne à grande vitesse, qui relie les deux pôles économiques majeurs du Royaume du Maroc, « reflète la profondeur des relations bilatérales fondées sur un partenariat solide et fort » entre le Royaume du Maroc et la République française. C’est « un symbole de la profondeur du partenariat » entre Paris et Rabat.

Cette Ligne à grande vitesse est aussi l’expression « du savoir-faire des entreprises françaises » qui ont réalisé le projet. Pour le Maroc, elle permettra de générer 1 500 emplois directs et 800 indirects, et engrangera entre 6 et 8 millions de passagers par an.

Pour mémoire, les travaux de construction de cette ligne considérée comme une vitrine de la modernisation du Maroc, ont été lancés en 2007 en présence du roi du Maroc, Mohammed VI, et du président français de l’époque, Nicolas Sarkozy. Mais pour des retards de procédures d’expropriations, le chantier n’a réellement démarré qu’en 2011. Soit sept ans de travaux !

Si aujourd’hui le Maroc peut s’enorgueillir de sa LGV, son coût faramineux a exaspéré une partie de sa population, qui dénonce « que tant de milliards soient investis pour la construction d’une seule ligne, alors que le reste du réseau ferroviaire connaît beaucoup de problèmes actuellement ».

Cette dénonciation était portée depuis 2012 par un collectif dénommé « Stop TGV ». Pour ce collectif, « l’Etat, à travers l’Office national des chemins de fer du Maroc, aurait plutôt intérêt à investir dans les trains régionaux afin d’atteindre certaines villes isolées et de désenclaver ainsi le monde rural ».

L’argumentaire des pro-TGV

Malgré les polémiques autour de la pertinence ou non de la Ligne à grande vitesse, les autorités marocaines n’ont pas fléchi. Bien au contraire, elles ont argumenté en faveur de ce nouveau fleuron dont les retombées sont multiples et multiformes. D’abord en termes économiques, du fait que cette ligne reliera les deux régions les plus dynamiques du Royaume.

Ensuite, en termes de facilitation du trafic, avec ce qu’elle comporte comme gains en temps. Pour exemple, le TGV en circulation à 320 km/h, va relier Tanger à Casablanca en 2h10mn au lieu de 4h45mn auparavant.

Sur le volet de la sécurité routière, les études prévoient « 150 victimes évitées sur les routes marocaines par an ». Sans oublier le confort et l’aisance du voyage ainsi que le respect des horaires. Ce n’est pas un secret, les usagers des transports publics marocains font face à des pannes et à des retards à répétition sur des lignes ferroviaires datant parfois de 1950, avec des équipements dans un état défectueux.

C’est dire donc toute la pertinence du TGV Tanger-Casablanca via Rabat et dont la réalisation est « le tout premier pas d’un projet ambitieux visant à doter le territoire marocain d’un réseau LGV de 1 500 kilomètres ». En attendant, le grand public espère l’ouverture de la ligne aux voyageurs d’ici à la fin du mois ; et au prix du billet accessible à tous.

Sita TARBAGDO (collaborateur)

Lefaso.net

 

 

 

 

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