Liberté pour Orange, zonning, affaire Suez…(FRAPP Sénégal)

Le FRAPP a été informé par l’Union des Distributeurs de Produits de Télécommunication au Sénégal (UDPTS) des nouveaux projets anti-nationaux de Orange. Orange à un plan de baisse des marges bénéficiaires des demi-grossistes sénégalais qui vendent les produits de télécommunication (carte téléphonique, Seddo). Orange veut augmenter ses profits en cloisonnant dorénavant les demi-grossistes qui ne pourront vendre dans des zones géographiques spécifiques (d’où l’appellation zonning). Comment Orange qui a quitté la France pour venir s’installer au Sénégal peut dire aux sénégalais que dorénavant celui qui est établi à la Médina ne pourra pas vendre en dehors par exemple du département de Dakar ? Comment Orange qui travaille main à main avec les autres entreprises françaises conformément à la recommandation du sénat français qui leur avait demandé de chasser en meute en Afrique peut dire qu’il n’y aura plus de transaction entre demi-grossistes sénégalais ? Dans l’autoroute à péage contrôlé par la française Eiffage il y a des stations Total. A Auchan Mbour il y a la française BICIS. Et Orange a le culot de venir au Sénégal pour dire qu’entre demi-grossistes sénégalais ils ne peuvent pas résister ensemble ? Liberté pour Orange, Auchan, Total…de s’installer où ils veulent au Sénégal et de dicter même aux filles et fils de notre pays là où ils doivent s’installer. Si ce plan passe, beaucoup de sénégalais qui ont résisté aux sirènes des migrations irrégulières seront jetés au chômage et sur les routes du désert du Sahara ou de la mer Méditerranée.

Le FRAPP interpelle le président de la république et son gouvernement. Ce plan, véritable usine à fabriquer des chômeurs, ne doit pas passer. Le gouvernement a d’ailleurs intérêts à se demander pourquoi depuis décembre 2017, il n’y a pas eu de promotion sur les cartes téléphoniques. Pourquoi ces promotions (bonus aux consommateurs) ne sont réservées depuis 11 mois qu’au Seddo et à Orange Money (les bonus étant même plus importants pour Orange Money) ?

Dakar, le 20 novembre 2018

Non à la marchandisation de l’eau au Sénégal et à Suez ‘’Franck Timis’’ de l’eau

Suez est l’attributaire provisoire du marché de la production et de la distribution d’eau au Sénégal avec 298,5 F CFA hors TVA le mètre cube contre 277 francs Cfa le mètre cube proposés par la Sde. Comment ne pas se souvenir, sans tirer de conclusion hâtive, des propos de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall dans le domaine du pétrole : « Total a été classée 5ème par rapport à BP, Kosmos et d’autres qui étaient là. » ?

Le FRAPP France DEGAGE exige du gouvernement la publication de tous les éléments permettant au peuple sénégalais d’être édifié sur les offres faites par Eranov, Veolia et Suez. Le FRAPP considère comme scandaleux l’opacité qui entoure cette question stratégique et vitale qu’est celle de l’eau. Ce manque de transparence rappelle celle de la gestion de l’APE, de la ZLEC, du franc CFA…

Le FRAPP demande une évaluation populaire des 22 ans de privatisation de la gestion de l’eau imposés par la Banque mondiale. Que les populations déterminent elle-même les perspectives. Le débat est plus profond que de savoir à laquelle des trois sociétés l’eau du Sénégal doit être confiée. La première question est de savoir si la concession partielle ou privatisation douce de ce secteur ou la Sones a été charcutée en trois parties est conforme aux intérêts du Sénégal ? Pourquoi le Sénégal s’est-t-il retrouvé dans une situation où il y a eu en 2018 un déficit de 54.000 m3 d’eau par jour ? Pourquoi l’hydraulique rurale a été séparée de l’hydraulique urbaine ? Quelles mesures pour assurer la souveraineté du peuple sénégalais sur l’eau ? Au moment où l’on parle de partenariat public-public, de municipalisation de l’eau, où la ville de Paris a retiré la gestion de l’eau à Suez et Veolia, le gouvernement du Sénégal ne peut pas poursuivre dans la voie de la privatisation de l’eau encore moins permettre à des entreprises déclarées non grata à Paris d’avoir pour ambition de gérer l’eau au Sénégal. En réalité, confier la gestion de l’eau à Suez prouve, s’il en était besoin, le renforcement de la présence de l’impérialisme français au Sénégal au détriment des intérêts nationaux.

 

Dakar, le 20 novembre 2018

 

 

(Guy Marius SAGNA)

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