Lettre Ouverte à Youssou NDOUR, L’incontestable Maître-Chanteur (Par Pape SAMB)

Ma chère idole en musique, comme on en a presque acquis l’habitude, depuis l’ouverture de la campagne électorale de l’élection présidentielle de 2019, friands d’insolites, des observateurs futés, dans une veille informationnelle pointilleuse, guettaient vos apparitions publiques pour voir quelle nouvelle ineptie vous allez encore débiter pour mettre à mal les oreilles chastes des Sénégalais. L’attente n’a pas été longue, ni vaine car au bout d’une semaine de campagne, ils ont été bien servis. Après que vous ayez fait danser votre candidat à l’étape de Saint-Louis, même si Macky Sall dansait plus vite que la musique, vous avez, par la suite, tenu le crachoir pour délirer comme vous savez si bien le faire. Comme on le sait, à chaque fois que vous ouvrez la bouche pour chanter, tout le monde est aux anges ; a contrario, quand vous l’ouvrez pour parler, tout le monde se bouche les oreilles.

A Kaffrine, le vendredi 8 février dernier, pour faire la promotion de votre opération dénommée «Xàll Yoon» au bénéfice du candidat Macky Sall, en votre qualité de membre de la coalition Benno Bokk Yaakaar, vous avez fait la déclaration suivante : «Jamais ce pays ne sera géré par des farceurs et des aventuriers. Tous les quatre candidats de l’opposition n’ont pas plus de sympathisants et militants que moi. Ils sont minimes devant moi. Je pouvais faire comme eux en posant ma candidature. Mais, j’ai trouvé un homme capable de gérer le pays et de le faire émerger. Macky Sall est un vrai bâtisseur. Nous allons le réélire». En voilà des paroles de quelqu’un qui n’a vraiment rien compris, mais reste toujours haut perché sur sa vanité et son ignorance. Retenez, M. Youssou Ndour, que tous ceux qui se pâment d’admiration pour vous et pleurent aux sons mélodieux de votre musique, se retrouvent dans toutes les sensibilités politiques que compte le Sénégal. Il y en a beaucoup, parmi vos fans et inconditionnels, qui ne veulent pas voir Macky Sall, même en peinture. Sous ce rapport, il faut que vous ayez le sens du discernement pour pouvoir faire le départ entre fans, sympathisants, militants et électeurs. Tous ces concepts renvoient à des réalités différentes, et en faisant la confusion entre ces termes, notre Youssou Ndour national, comme on le dit dans un langage trivial, confond bifteck et trottoir.

En ce qui me concerne, par exemple, tout fervent fan du chanteur Youssou Ndour que je suis, et dont je collectionne les albums depuis le tout premier, intitulé «Mba», en hommage à Papa Samba Diop, jusqu’au dernier en date, titré «Respect», il ne me viendra jamais à l’esprit l’idée saugrenue de glisser un bulletin de vote en faveur de Youssou Ndour dans une urne d’une quelconque élection. Il faut faire la part des choses.

Ma chère idole en musique, ce qui est valable pour vous, l’est tout autant pour les chefs religieux de ce pays. En effet, vous avez, les uns et les autres, atteint une telle dimension, dans le respect et la considération qui vous sont dus par ceux qui vous vénèrent et qui ne manquent jamais à leur devoir de vous l’exprimer, que c’est devenu une obligation pour vous de toujours faire montre d’une impartialité jamais prise à défaut, sous peine de dérouter, voire de désorienter vos talibés ou fans, et de les mettre mal à l’aise. Vous n’avez pas le droit de les diviser à cause de votre parti pris en politique. En revanche, vous devez jouer le rôle de fédérateurs et de rassembleurs pour préserver le dénominateur commun, que sont la musique ou la religion, entre toutes ces personnes issues d’horizons divers et qui vous vouent une grande estime. C’est même un euphémisme que de dire que votre entrée en politique vous a plus desservi qu’elle ne vous a rapporté gros.

D’ailleurs, quand on parle de transhumance, les gens tendent à oublier votre cas personnel. Or, du temps de la toute grande splendeur du président Abdoulaye Wade, ce dernier avait toujours à ses côtés un certain Youssou Ndour, un de ses plus grands thuriféraires, tout le temps collé à ses basques, qui le suivait partout dans le monde comme son ombre, qui lui mangeait dans le creux de la main, et pour qui ce n’était jamais de refus que le président Wade, profitant de la notoriété de Youssou Ndour, le mît souvent dans ses valises lors de ses voyages officiels pour mieux vendre le label Sénégal. Mais vous avez eu le bon flair d’avoir senti le vent tourner pour rejoindre à temps l’opposition au pouvoir du président Abdoulaye Wade et même vous présenter à la candidature à l’élection présidentielle de 2012 en tant qu’indépendant.

Par la suite, votre parrainage par au moins dix-mille (10 000) Sénégalais, n’a pas franchi le cordon douanier du Conseil constitutionnel composé alors de «cinq sages» que l’opposition de l’époque, aujourd’hui au pouvoir, surnommait les «cinq singes». Extraits du délibéré du Conseil constitutionnel en sa séance du 27 janvier 2012 : «Le Conseil constitutionnel, en sa séance du 27 janvier 2012 statuant en matière électorale, CONSIDERANT que Youssou Ndour, candidat indépendant, a produit une liste de 12 936 électeurs appuyant sa candidature dont seuls 8 911 ont pu être identifiés et leurs signatures validées ; que dès lors, sa candidature qui ne répond pas aux prescriptions de l’article LO 115 doit être déclarée irrecevable. DECIDE : (…) Article 2 : La candidature de Youssou Ndour est déclarée irrecevable (…)». Youssou Ndour a aussitôt dénoncé un «coup de force» du président Wade, ajoutant : «Je suis candidat et je le reste» et précisant qu’il avait «48 heures pour un recours» contre la décision du Conseil.

Dans le documentaire du journaliste Amadou Diaw, «Carnets secrets du Conseil constitutionnel», le constitutionnaliste Isaac Yankhoba Ndiaye révèle que Youssou Ndour ne savait même pas remplir le formulaire de candidature. Mais, Youssou Ndour n’en a cure. Il ameute la presse étrangère, en exploitant sa renommée de star planétaire. Alors, friands de scoops et conscients de la grande audience internationale de Youssou Ndour, les médias étrangers braquent leurs caméras sur le Sénégal. Au micro de l’Agence France Presse, Youssou Ndour se lâche : «Moi, quand je deviens président du Sénégal, je sais que je suis accueilli à bras ouverts un peu partout dans le monde, et là je pourrai changer la donne, faire partie d’une dynamique économique, parce que j’ai envie d’atteindre l’autosuffisance alimentaire». Bon sang ! Dieu garde notre cher Sénégal d’un tel président, avec une naïveté et une niaiserie pareilles, et aux analyses aussi superficielles que simplistes !

Mais, votre infortune ne vous avait pas empêché de battre campagne, non pas pour le candidat Macky Sall au premier tour, mais contre «la candidature inconstitutionnelle du président Abdoulaye Wade». Ce qui vous avait valu, en compagnie des  reliques du passé et vieux briscards comme Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Amath Dansokho, Landing Savané, Jean Paul Dias, El Hadji Momar Samb, Massène Niang et tous les autres papys de cet acabit, de «faire leur cinéma à Dakar» (Macky Sall dixit) à la Place de l’Obélisque, pendant que lui, le candidat de la «Coalition Macky 2012», il était parti à la conquête de l’électorat à l’intérieur du pays. D’ailleurs, vous avez bien contribué à l’animation de la campagne électorale en intégrant le bêtisier de celle-ci à travers vos déclarations, sous le couvert de votre Mouvement Fekkee Ma Ci Boole, et selon lesquelles : «Tant que Wade ne quitte pas le pouvoir, je ne chanterai plus», ou encore : «Wade et son régime sont des champions à la recherche de médailles».

Ma chère idole en musique, votre prétention à devenir le président de la République du Sénégal avait des allures de farce de mauvais goût. Le Palais de la République n’est pas le Palais de Bercy. Tous ceux et celles qui avaient cautionné votre candidature à la candidature, étaient en train de lancer un message inquiétant aux enfants, en leur faisant croire que n’importe quelle mariolle peut diriger ce pays, et que les études ne servent à rien. Le comble de l’ironie dans ce pays serait que tous les recalés de l’Ecole de la République essayent de nous faire croire que le diplôme ne sert à rien. Cet argument n’est que la justification maladroite de leurs échecs.

Le président Abdoulaye Wade mis en ballotage par le candidat Macky Sall pour un second tour inédit, vous avez opportunément rejoint la coalition Benno Bokk Yaakaar. On connaît la suite. Et puis, coup de théâtre ! Youssou Ndour ministre ! Ainsi en avait décidé le président Macky Sall, par décret n° 2012-429 du 4 avril 2012, portant composition du gouvernement. Beaucoup de gens croyaient alors que c’était un poisson d’avril, car c’était tombé dans ce même mois, mais ils ont dû se rendre à l’évidence quand ils vous ont vu arpenter les marches de la salle du Conseil des ministres du gouvernement du président Macky Sall. Nommé ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, voulant prouver que ce poste n’est pas usurpé, s’emballe : «J’ai beaucoup voyagé et je vais faire aimer les autres mon pays (sic.) ». En voilà encore une preuve que ce Monsieur, qui fut pendant longtemps le tendon d’Achille du gouvernement, ne comprenait rien aux responsabilités à lui confiées.

Tout le monde l’a compris, votre entrée au gouvernement est en fait plus une récompense pour l’engagement du leader du mouvement fantôme et à l’appellation frisant le pur opportunisme («Fekkee ma ci boole») dans le combat pour la survenue de la deuxième alternance politique au Sénégal, qu’une reconnaissance des compétences ministérielles réelles de Youssou Ndour. D’ailleurs, cette bizarrerie de «Fekke ma ci boole» passe mal dans le raisonnement des esprits avertis. Selon le Dr Bassirou Niang, qui a tenu à recadrer Youssou Ndour : «Fekke rek, takhoul nga wara bokk, sinon tu es pire que Mor Ndadjé».

Un poste de ministre de la Culture et du Tourisme qui semblait, à l’évidence, épouser les formes d’une veste décidément trop ample pour les frêles épaules de Youssou Ndour. Ce mauvais casting (la nomination de Youssou Ndour) avait d’ailleurs ému beaucoup de Sénégalais qui avaient failli s’étrangler de rage, mais qui n’avaient pas hésité à pousser des cris d’effroi et d’épouvante. Voilà des Sénégalais qui pensent que l’Etat c’est du sérieux, qui ne badinent pas avec la rigueur et qui sont très à cheval sur les principes. Veste gigantesque au départ pour vous, le président Macky Sall a essayé par la suite de réajuster et de la remodeler pour la réduire à des proportions plus raisonnables et conformes à la taille du quotient intellectuel et du niveau d’études de Youssou Ndour. C’est pourquoi, à l’occasion du remaniement ministériel intervenu six petits mois après (déjà ?), par décret n° 2012-1163 du 29 octobre 2012, le département de la Culture et du Tourisme que vous dirigiez a été rétrogradé et dévalué car amputé du secteur de la Culture, pour ne vous laisser que celui du Tourisme auquel on a adjoint les Loisirs. Ceci s’explique aisément eu égard à vos limites objectives et criardes pour manager le secteur de la Culture qui ne saurait être dirigé par un ministre inculte, même si ce dernier peut, comme on a coutume de dire, bien «s’entourer des meilleurs conseillers capables de lui faire des analyses objectives pour avoir des orientations justes et objectives».

Ma chère idole en musique, je suis au regret de vous dire que vous avez le problème d’un homme qui est tombé par effraction, comme un cheveu dans la soupe, dans un monde politique qui n’est vraiment pas le sien et où il enchaine les bourdes, comme il collectionne les disques d’or dans un autre domaine qu’il maîtrise à merveille. Le dédoublement de votre personnalité (ange et démon) mérite qu’un étudiant s’y penche à travers un mémoire ou une thèse. Ange d’abord, car Youssou Ndour, qui a quitté l’école à l’âge de 13 ans, sans diplôme, est un self made man qui s’est presque fait tout seul, un symbole de persévérance et de réussite professionnelle et sociale qui doit inspirer beaucoup de monde et être donné en exemple. Youssou Ndour a démontré, à une époque où ce n’était vraiment pas évident, que le showbiz n’est pas ce milieu interlope, malsain et stigmatisé que l’on nous faisait croire à travers des idées reçues qui ne reposaient sur aucun fondement rationnel. Youssou Ndour a su briser bien des certitudes solidement ancrées, et mettre à nu des préjugés tenaces, comme un défi lancé au rêve d’une carrière de fonctionnaire derrière son bureau à laquelle ses parents le préparaient et le destinaient. Chef d’entreprise moderne, businessman prospère et gagneur, homme d’affaires rigoureux et intraitable, Youssou Ndour est tout à la fois. Ma Cha Allah !

Mais, en matière politique – et c’est là que le bât blesse – c’est le désastre total. Et voilà que surgit le côté démon de l’homme. Les hostilités entre Youssou Ndour et le président Wade ont démarré avec la manipulation, les pressions et les harcèlements que Youssou Ndour, promoteur d’une «télé culturelle» initialement, a eu à bousculer l’Etat, alors que ce dernier, pas suffisamment rassuré et convaincu de la licéité de l’origine du financement de ce projet, a laissé trainer les choses. Le président Wade avait reproché à la Télévision Futurs Médias (Tfm) d’être financée par de l’argent extérieur, autrement dit par l’industriel français Vincent Bolloré. Youssou Ndour a dû justifier, documents à l’appui, que la Tfm a été montée sur fonds propres. Il n’en fallait pas plus pour que «You» entre dans le maquis, met la pression qu’il faut jusqu’à arracher sa licence, et mettre en place, non pas une «télévision culturelle», mais une télé à vocation… généraliste : la Tfm.

Maître-chanteur, Youssou Ndour l’est incontestablement. C’est ainsi qu’en décembre 2010, il s’était livré à un vil chantage sur la Délégation Générale du Fesman et, par ricochet, sur l’Etat du Sénégal, à quelques heures seulement de la cérémonie d’ouverture de ce grand festival culturel du monde noir.

Ma chère idole en musique, je reprends ici, pour mon compte, les sorties au vitriol de trois de mes compatriotes qui ont eu à asséner leurs vérités, à travers les colonnes des journaux de la place, relativement à la crédibilité du choix de M. Youssou Ndour comme ministre de la Culture et du Tourisme. C’est d’abord M. Bassirou Niang qui déclare : «Youssou Ndour, ministre : fermons les écoles et les université. Lui emboîtant le pas, M. Mour Talla Mbaye enfonce le clou : «Si le président Macky Sall avait respecté ses engagements électoralistes de privilégier le talent, la compétence et l’expertise dans la gestion des affaires publiques, un Youssou Ndour ne figurerait jamais dans l’attelage gouvernemental… La nomination de Youssou Ndour rappelle étrangement les nominations de ministres d’Etat quasi-analphabètes par le président Wade. Par rapport à cela, j’appelle tous les Sénégalais à prôner un retour aux fondamentaux et que l’on cesse de les divertir en faisant croire aux miracles. 1+1 ne sera jamais égal à 3. Refusons les idées selon lesquelles il n’est pas nécessaire de faire des études pour assumer certaines responsabilités. Ce n’est pas vrai. Il faut non seulement des études, mais aussi avoir un niveau assez poussé pour se prévaloir d’une expertise avérée».

C’est enfin M. Abdou Lahad Sylla qui porte l’estocade finale : «Notre satisfaction quant à la nomination de certains membres du gouvernement dont l’expertise est avérée, est à la hauteur de notre déception, pour d’autres dont il sera difficile de justifier la crédibilité du choix… Il n’y a absolument rien de dévalorisant ni de dégradant dans le fait de ne pas disposer de références académiques sûres, et M. Youssou Ndour incarne l’antithèse pour ceux qui seraient tentés de croire le contraire, mais la fonction ministérielle, de par sa dimension régalienne d’assurer les missions premières de l’Etat, de conduite des intérêts généraux de la Nation, de définition de politiques gouvernementales, nécessite un certain niveau de discernement et d’analyse, une compétence, une expertise, une haute capacité intellectuelle à faire fonctionner et à organiser ses différents départements ministériels. Et je suis presque désolé de le dire, tellement j’ai de la sympathie pour l’artiste, que M. Youssou Ndour ne dispose pas de ces atouts intellectuels pour occuper un portefeuille ministérie.

Les premiers pas du président Macky Sall au pouvoir ont consisté à du «Abdoulaye Wade bashing» et à une diabolisation de Karim Wade contre qui a été lancée une véritable chasse à l’homme. Vous, Monsieur Youssou Ndour, vous vous êtes bien singularisé dans ce tohu-bohu en hurlant avec les loups, d’abord contre le père : «Ce n’est pas sympa de perdre le pouvoir et de rester ici à géner les gens () Abdoulaye Wade doit se taire ou quitter le pays», puis contre le fils : « Pour le cas de Karim Wade, je m’en charge, j’en fais une affaire personnelle ». Que de stupidités entendues par ces temps-là d’excitation et d’exaltation !

Ma chère idole en musique, aujourd’hui, le poste de ministre-conseiller que vous occupez est superfétatoire. Votre alliance politique avec Macky Sall, président de l’Apr, vous a éloigné de bon nombre de vos fans qui auraient souhaité que vous restiez dans ce que vous savez faire le mieux et qui vous vaut cette renommée et cette reconnaissance internationales. Quand il avait débarqué pour la première fois sur le tarmac de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor, le 26 juin 2013, le président américain Barack Obama vous a reconnu et s’est arrêté longuement pour vous serrer la main. Il vous a fait savoir que lui et son épouse, Michèle Obama, la Us first Lady, écoutent beaucoup vos chansons et les savourent énormément. Mais, le président américain n’a pipé mot de vos fonctions ministérielles d’alors, qui ne l’intéressent pas. C’est dire que tout le monde vous admire pour votre métier : la musique.

En 2005 vous avez intégré Le Petit Larousse des noms propres. En 2007, le magazine américain Times vous a classé parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde. Vous ne devez pas toutes ces performances à ce que vous avez pu faire en tant que ministre de la Culture et du Tourisme, ministre du Tourisme et des Loisirs ou ministre-conseiller, encore moins en tant que chef de file du mouvement Fekkee Ma Ci Boole. En sortant de votre carcan naturel, pour plonger dans la mare aux caïmans qu’est le microcosme politique, vous vous aliénez une bonne partie de votre cher et aimable public, pour pas grand-chose. A l’évidence, vous n’avez rien à faire dans la jungle politique. Vous pouvez servir votre pays ailleurs, et vous le faites très bien même actuellement. Suffisamment bien pour ne pas avoir besoin d’aller vous compromettre avec des politiciens sans foi ni loi. A chacun son domaine de compétence. «Kunek ak say salagne-salagne, kunek ak say kesseng-kesseng».

A notre avis, vous voulez vous imposer coûte que coûte dans un milieu, la faune politique, qui n’est pas le vôtre et où vous risquez d’être bouffé tout cru. N’avez-vous pas chanté d’ailleurs cette vérité : «Bëy su andul ak moroomi bëyam su moytuwul andak cere» («Une chèvre qui s’éloigne du troupeau court à sa perte»). A dire vrai, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Durant la campagne électorale pour le référendum du 20 mars 2016, en votre qualité de ministre-conseiller et chanteur, vous vous êtes trompé d’élection, et non seulement vous vous êtes auto-proclamé « patron de Dakar», mais vous avez fait hors-sujet en demandant, au cours de la campagne électorale, à être élu… maire de Dakar. Delirium Tremens. Il a fallu que le ministre Abdoulaye Diouf Sarr, plus serein et mesuré, vous rappelât à l’ordre, pour que notre Youssou Ndour national revienne à la raison.

Faudrait-il aussi le rappeler, Youssou Ndour n’a jamais gagné une élection au Sénégal. Dans son fief de la Médina à Dakar, le regroupement de nains politiques, mais aux noms ronflants, composé des ministres Seydou Guèye, Pape Abdoulaye Seck, Maïmouna Ndoye Seck, du Dg des Impôts et Domaines Cheikh Bâ et du chanteur Youssou Ndour, malgré tous les moyens de l’Etat mobilisés, a toujours été laminé et battu à plate couture par le seul Bamba Fall de la «Coalition Taxawu Dakar ak Khalifa Sall».

Ma chère idole en musique, en tant qu’admirateurs, nous implorons et conjurons à notre idole Youssou Ndour, fierté nationale, icône continentale, mais aussi patrimoine universel, de rester dans son art, là où il excelle, fait presque l’unanimité, domine son monde et arrive à emporter l’adhésion populaire dans son métier d’artiste-chanteur talentueux et respecté. En effet, votre intrusion en politique met dans l’embarras bon nombre de vos fans, qui ne sont pas forcément du même bord politique que vous et qui, pour rien au monde, ne voudraient vous contrarier. Respect.

Pape SAMB

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