«LES COMPAGNIES PETROLIERES UTILISENT LES BANQUES, LES ASSURANCES, L’IMMOBILIER POUR BLANCHIR DES CAPITAUX»

En plus d’évoluer dans le pétrole et le gaz, les multinationales, soucieuses de fructifier leurs revenus, investissent dans d’autres domaines qui échappent à tout contrôle. C’est le social, la politique, les banques et les assurances. Cela leur sert de moyen pour blanchir des capitaux, d’après Ibrahima Dramé, spécialiste en pétrole.

Pour l’expert pétrolier Ibrahima Bachir Dramé, les multinationales pétrolières ne se limitent pas seulement à faire la distribution et l’exploitation de l’or noir. Il soutient que les grandes compagnies font souvent recours à des entreprises parallèles pour blanchir des capitaux. Lors d’un séminaire sur le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme à travers l’industrie du pétrole, organisé à l’intention des journalistes, Ibrahima Bachir Dramé a expliqué que les banques et les assurances sont souvent montées par des patrons de compagnies pétrolières et gazières. A cet effet, il cite l’exemple du fondateur de la première compagnie pétrolière Standard Oil, l’américain Rockfeller qui a participé à la création de grandes entreprises de commerce qui ont fini par mettre en place la société Shell. «Les propriétaires de compagnies utilisent d’autres secteurs comme les banques, les assurances, l’immobilier, le commerce, pour blanchir des capitaux et fructifier leurs revenus», révèle l’expert en pétrole. Ces grands propriétaires mettent dans le circuit financier des capitaux afin de faire entrer dans un pays de l’argent avec un rendement dans le futur. Au Sénégal, M. Dramé donne l’exemple de la société Elton qui est aussi propriétaire de Sendbus et de Nosopal. Créée par des Sénégalais, cette entreprise évoluant dans le pétrole possède également une entreprise qui fabrique des tuyaux pétroliers.

SOCIAL, POLITIQUE…

Même scénario avec Total qui est également propriétaire de la société de peinture Seigneurie. Dans le social, indique Ibrahima Bachir Dramé, beaucoup de compagnies pétrolières sont à l’origine de la création d’Organisations Non Gouvernementales (ONG). C’est le cas également des organisations politiques qui sont financées par les propriétaires de ces grandes entreprises. C’est ainsi qu’elles procèdent en mettant en place des stratégies pour contrôler nos ressources. «Il faut que les Etats parviennent à corser les conditions d’obtention de licences. La bonne gouvernance et la mise en place de réformes institutionnelles peuvent également régler le problème», affirme-t-il. Si l’on en croit toujours M. Dramé, il n’existe nulle part où on enseigne la gestion des ressources pétrolières. «L‘Institut National du Pétrole et du Gaz a été financé par la compagnie Total et l’Institut National du Pétrole de France», dit-il. Devant ces révélations, le coordonnateur du Forum Civil, Birahim Seck, s’est interrogé sur le choix des personnes sélectionnées pour assurer la formation. «Est-ce que ce ne sont pas les compagnies qui ont demandé à l’Etat de former des gens pour cela ?», demande Birahim Seck. D’autant que, dit-il, «à côté, il y a la Faculté des Sciences et Techniques (FST), l’Institut des Sciences de la Terre (IST) et l’Ecole Supérieure Polytechnique (ESP) qui peuvent assurer une formation dans ce domaine».

 

Amadou Thiam         –  SENEPLUS.com –

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