Le député Alfred Yekatom transféré à la CPI : encore un africain !

Alfred Yekatom a quitté Bangui à bord d’un jet, le 17 novembre 2018, pour La Haye, aux Pays Bas. Remis depuis à la Cour pénale internationale (CPI), le député centrafricain et ex-chef milicien faisait l’objet d’un mandat d’arrêt «pour sa responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité» commis entre décembre 2013 et août 2014.

La justice internationale tient Alfred Yekatom, alias «Rambo», dans ses filets. Le député centrafricain et ex-chef de milices antibalaka chrétiennes, autoproclamées d’autodéfense, doit comparaître «dans les meilleurs délais»devant la CPI qui avait ouvert, en septembre 2014, une enquête sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis en Centrafrique. L’extradition de Yekatom est une première dans ce pays.

La CPI soupçonne notamment M.Yekatom, 43 ans, d’avoir «commandé un groupe d’environ 3.000» combattants antibalaka. Ce qui le rendrait responsable, en tant que chef militaire, de «meurtre», de «torture et traitements inhumains», de «mutilations», d’«attaques intentionnelles contre la population civile» et contre «des bâtiments consacrés à la religion», selon la Cour. Ces crimes auraient été commis à Bangui et dans la préfecture de la Lobaye (sud), toujours d’après la Cour.

«Quête de vérité et justice»
Se félicitant du transfèrement du «suspect», la procureure Mme Fatou Bensouda a promis au peuple centrafricain de «poursuivre sa quête de vérité et de justice». A la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) à Bangui, Pierre Brunisson voit dans cette extradition «un message fort envoyé aux leaders des groupes armés. Ceux qui pensent s’arroger une amnistie à la table des négociations font fausse route».

Ancien caporal-chef de l’armée centrafricaine, M.Yekatom avait été élu député en 2016. En désaccord avec un député, le 29 octobre 2018, il tire deux coups de feu en l’air en pleine session parlementaire. Ce qui lui vaut d’être arrêté le jour même.

Dès le 20 août 2015, il figurait sur la liste de l’ONU des personnes «qui compromettent la paix, la stabilité et la sécurité en RCA», indique Libération. Sanctionné par les Nations unies,il se retrouve aussi dans le collimateur du Trésor américain qui le soupçonne d’avoir mené des campagnes d’exactions contre des populations musulmanes, tué des civils à Mbaiki (sud) et enrôlé plus d’une centaine d’enfants soldats.

Violences récurrentes depuis 2012
Depuis 2012 et le début de l’offensive qui a abouti, en 2013, à la chute du président Bozizé et à la prise de la capitale Bangui par l’ex-coalition rebelle, la Séléka, la Centrafrique est le théâtre de violences meurtrières récurrentes. Un quart des 4,5 millions d’habitants ont dû fuir leur maison.

Pour protéger les civils lors de ces crises à rebondissements, une mission onusienne de maintien de la paix, la Minusca, a été déployée en 2014, succédant à une intervention militaire française.

La Centrafrique est officiellement indépendante depuis le 13 août 1960, après avoir été une colonie française, appelée alors Oubangui-Chari, du nom des deux rivières qui traversent la région, l’une vers le Congo, l’autre vers le lac Tchad. De David Dacko, premier chef de l’Etat, à François Bozizé, en fuite au Cameroun, le pays a cumulé les coups d’Etats et n’a jamais réellement connu la stabilité, rappelle Géopolis.

Le contrôle des ressources 
Alindao a été ces derniers mois le théâtre de combats entre groupes armés qui s’affrontent pour le contrôle des ressources du pays riche en diamants, or et uranium.

Geopolis

‘La Haye: l’ex-milicien Alfred Yekatom, premier Centrafricain transféré à la CPI’

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