LA CHRONIQUE DU FOU : Mémorial Thomas Sankara

Le 15 octobre dernier, le Burkina a commémoré le 31e anniversaire de l’assassinat du président Thomas Sankara. A cette occasion, a eu lieu la pose de la première pierre d’un mémoriel qui sera érigé en son nom. Le symbole est d’autant plus fort que le monument sera construit là même où Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987 en compagnie de certains de ses camarades. Je comprends pourquoi certains proches de la famille, amis et connaissances n’ont pas hésité à écraser des larmes lors de la cérémonie de la pose de la première pierre dudit mémorial. C’est la preuve s’il en est, que Thomas Sankara, malgré sa disparition précise, continu de marquer les esprits par ses idées au Burkina comme au-delà des frontières du pays. Je me rappelle d’ailleurs qu’au cours d’un voyage en Afrique et ce avant que je devienne fou, j’ai rencontré une dame à qui j’ai dit que je venais du Burkina, qui, à la seconde qui suivait, s’est mise à crier le nom de Thomas Sankara. J’avoue que j’ai été profondément ému de savoir que le nom de l’ex-leader de la Révolution Burkinabè avait connu un tel retentissement. Cela dit, c’était du logique que le Burkina lui soit reconnaissant. C’est pourquoi je salue très sincèrement la construction du mémorial qui lui sera dédié. Il le mérite ! Et c’est peu dire ! Seulement, je regrette que trente et un ans après la disparation de Thomas Sankara, il n’est pas eu d’hommes ou de femmes capables de chausser ses bottes. Je fais le constat que ceux qui font l’effort de poursuivre son combat, se recrutent de la jeunesse. Quant hommes politiques, ils donnent tous l’impression de faire dans l’hypocrisie ou dans le populisme ; histoire de s’attirer les bonnes grâces des jeunes qui portent toujours l’homme dans leur cœur. Or, la meilleure manière de rendre hommage à Thomas Sankara, c’est de travailler à perpétrer sa mémoire par des actions concrètes, en l’occurrence la lutte contre l’impérialisme et la corruption. Mais combien sont-ils qui chantent à la longueur de journée et de nuit le nom de Sankara et qui sont corrompus jusqu’à la moelle. En tout cas, je ne citerai le nom de personne. Mais je sais que les personnes concernées se reconnaitront dans mon propos. Cela dit, je reviens sur le mémorial en question pour dire que son érection ne saurait occulter le volet judicaire. Certes, je sais que depuis la chute de Blaise Compaoré, les langues ont commencé à se délier si fort que nombreux sont ceux qui ont été inculpés pour leur implication présumée dans l’assassinat de Blaise Compaoré. Mais il faut dire qu’il reste beaucoup à faire quand on sait que certains commanditaires courent encore les rues. Il faut donc travailler à les entendre et au besoin les inculper s’ils y ont été pour quelque chose. C’est à ce prix que l’on pourra aider la veuve Mariam et ses enfants à sécher leurs larmes qui coulent maintenant depuis plus de trente ans. Donc, si nous aimons réellement Sankara, rendons lui justice. La France quant à elle, a fait sa part de chemin en levant le secret défense.

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