Kalidou Koulibaly, cette étoile montante du football

PARCOURS. Potentiel joueur africain de l’année, un éventuel transfert dans un des meilleurs clubs européens … Kalidou Koulibaly récolte aujourd’hui les fruits de ses choix, parfois contestés, de carrière.

Tout sourit à Kalidou Koulibaly. Le nom du Franco-Sénégalais fait en effet partie de la liste des candidats au meilleur joueur africain de l’année 2018, établie par la Confédération africaine de football (CAF) publiée vendredi. À côté de son nom figurent ceux de Mohamed Salah, vainqueur l’année dernière, de son compatriote de Liverpool Sadio Mané, ou encore celui du Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang, évoluant à Arsenal. Un gage de talent et de reconnaissance de la part de l’organisation panafricaine qui, en nominant le joueur de 27 ans, confirme son succès grandissant. Car les bonnes performances de Kalidou Koulibaly suscitent les convoitises des plus grands clubs européens.

D’après le média britannique The Times, son éventuel transfert aurait été au cœur d’un entretien entre les dirigeants de Manchester United et du SSC Naples. L’équipe italienne, consciente des capacités de son joueur, exigerait un montant supérieur à 100 millions d’euros. Une somme qu’aurait également évoquée la Juventus, également très intéressée d’après la radio locale italienne Kiss Kiss Napoli. Si le transfert du défenseur central est avéré, cela casserait son contrat avec le club napolitain, qui l’avait pourtant prolongé en septembre jusqu’en 2023.

Du FC Metz à l’Italie
Kalidou Koulibaly en aurait-il espéré autant il y a encore quelques années ? Ce Vosgien de naissance né de parents sénégalais a su qu’il serait footballeur après le but de Lilian Thuram contre la Croatie en 1998. Plus d’une décennie plus tard, c’est au sein du FC Metz, alors en Ligue 2, que le joueur débute sa carrière professionnelle. Le 20 août 2010 marque sa première apparition dans le championnat face à Vannes, à la 69e minute. Il signe son premier contrat professionnel l’année suivante, pour une durée de trois ans. Pour sa première saison, le Messin participe à 19 matchs de Ligue 2, et deux matchs de Coupe de France.

En juin 2012, Metz est relégué en National, le défenseur cherche alors un nouveau club. Ce sera la Belgique, au sein du KRC Genk : il y signe un contrat de quatre ans, pour un million et demi d’euros. Deux ans plus tard, le gamin de Saint-Dié-des-Vosges part pour Naples, après son transfert d’un montant de 8 millions d’euros. Kalidou Koulibaly y progresse vite, entraîné de 2015 à mai 2018 par Maurizio Sarri. Mais en Italie, il est également confronté au racisme des spectateurs. Le 29 septembre dernier, lors du match Juve – Naples (3-1), il est la cible de cris de singe de la part de supporters turinois. En réponse, la Fédération italienne a suspendu le virage Sud de l’Allianz Stadium pour les deux matchs qui avaient suivi à domicile, en plus d’une amende de 10 000 euros.

Le choix du Sénégal
Au vu de son succès aujourd’hui, Kalidou Koulibaly a su prouver qu’en partant pour Naples, il avait fait le bon choix. En revanche, se serait-il trompé en préférant l’équipe nationale sénégalaise à la France, championne du monde cette année ? Car le footballeur, qui a d’abord intégré l’équipe de France des moins de 20 ans en 2011 – il a même joué la Coupe du monde dédiée à cette catégorie – a choisi le Sénégal le 20 août 2015. Il répond alors à l’appel du sélectionneur Aliou Cissé pour le match contre la Namibie, comptant pour les éliminatoires de la CAN 2017. Le 5 septembre marque le début de sa carrière sous le maillot des Lions de la Téranga, en tant que titulaire.

Mais c’est lors de la Coupe du Monde en Russie que l’émotion est la plus forte. Malgré sa combativité, le pays est éliminé des le premier tour, alors qu’ils sont à égalité de points avec le Japon. Et les deux équipes sont finalement départagées au fair-play. La compétition reste « une bonne expérience » pour Kalidou Koulibaly, interrogé par la BBC. « Je voulais montrer que le Sénégal est l’une des meilleures équipes d’Afrique ». C’est pour la fierté qu’il a eu à représenter le pays de ses parents, mais aussi sa double culture, qu’aujourd’hui le joueur n’a « pas de regrets ».

PAR MARLÈNE PANARA

Le Point Afrique

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