En Somalie, les États-Unis font la guerre au terrorisme sans chercher la paix

Enquête. Les États-Unis affirment avoir tué une soixantaine d’islamistes chebabs lors d’une frappe aérienne le 12 octobre. Sous la présidence de Trump, les attaques de drones se sont intensifiées. Mais sans institutions politiques solides, raconte cette enquête de The Atlantic, il n’y aura jamais de Somalie stable.

Si le plus grand secret entoure cette guerre que mènent les États-Unis en Somalie par drones interposés, le nombre de frappes aériennes américaines y a incontestablement augmenté au cours des dix-huit derniers mois. Et à en croire de nombreux observateurs étrangers, mais aussi des responsables somaliens et d’anciens chebabs ayant déserté, ces opérations constituent aujourd’hui l’un des outils les plus efficaces dans la lutte contre les islamistes. Cette campagne aérienne perturbe leurs communications, distille le poison de la méfiance au sein des milices et complique leurs déplacements.

Levée des restrictions pour utiliser les drones

Cette intensification de la guerre des drones en Somalie est intervenue après que le président américain Donald Trump a donné son accord à une levée des restrictions qu’avait imposées l’administration de son prédécesseur Barack Obama. En mars 2017, Trump a classé certaines régions somaliennes dans la catégorie “zones d’hostilités actives”, instaurant ainsi temporairement des règles de ciblage moins strictes.

Et il n’y a pas que le Pentagone [département de la Défense] qui a vu s’étendre sa marge de manœuvre en matière d’envoi de drones en Somalie. La CIA [agence de renseignements américaine], elle aussi, peut plus librement conduire des frappes de ce type dans tout le nord de l’Afrique. Selon une enquête du New York Times publiée début septembre, la CIA s’apprête à lancer dans la région des raids secrets de drones depuis une base agrandie située dans le Sahara [au Niger].

En Somalie, la frappe du 29 août, menée dans le sud-ouest du pays, a tué selon l’Africom trois chebabs dont l’identité n’a pas été dévoilée. Le recours à la force aérienne dans la lutte contre une rébellion de 5 000

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THE ATLANTIC – WASHINGTON

Christina Goldbaum    – Courrier international –

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