Commerce intra-africain : les signaux sont au vert

Organisée pour promouvoir les échanges internes au continent, la Foire commerciale intra-africaine s’est muée en un véritable plaidoyer pour l’adoption de la Zone de libre-échange continentale.


Le commerce interne au continent a le vent en poupe. La première édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF), organisée du 11 au 17 décembre au Caire, a dépassé les attentes : 27 milliards de dollars d’accords commerciaux ont été signés, contre 25 milliards attendus. La plupart seront investis dans des projets de développement au Burkina, en Tanzanie, au Zimbabwe, au Nigeria et en Côte d’Ivoire. Des mémorandums d’entente pour la vulgarisation des projets d’une économie verte, une énergie nouvelle et renouvelable dans les pays africains ont également été conclus avec Afreximbank, organisatrice de l’événement, en partenariat avec la Commission de l’Union africaine et le gouvernement égyptien.

Un message positif pour la ZLEC

La banque d’import-export établit le chiffre du commerce intra-africain à environ 15 % – ce qui représente des échanges d’un montant de 150 millions de dollars – contre 59 % en Europe, 51 % en Asie, 37 % en Amérique du Nord, et 20 % en Amérique latine. Si l’Afrique est pour le moment derrière les autres continents, elle pourrait cependant bien rattraper son retard. Notamment grâce à la mise en application de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), le projet économique phare de l’Union africaine signé en mars 2018. La Commission économique pour l’Afrique a en effet établi en 2017 que, si elle est mise en pratique, la ZLEC pourrait accroitre les échanges intra-africains de 52,3 % entre 2010 et 2022. Les montants signés la semaine dernière sont donc de bon augure pour un projet au cœur des discussions et des manifestations économiques du continent.

Début décembre, à Kigali, la treizième édition Conférence économique africaine (CEA), dont le thème était « l’intégration régionale et continentale au service du développement en Afrique ». À cette occasion, la directrice du département de l’intégration régionale de la Banque africaine de développement (BAD), Moono Mupotola, avait rappelé que « la signature de cet accord est non seulement symbole de l’unité africaine, mais aussi la dynamique de ce que ce continent pourrait devenir du point de vue du développement : les possibilités que des marchés plus vastes attirent des investissements, l’amélioration de la capacité de production de l’Afrique grâce aux économies d’échelle et les possibilités de circulation accrue des biens, des services et des personnes à travers les frontières ». Prochain rendez-vous et occasion de prendre le pouls du projet en 2020, au Rwanda.

Marlène Panara

Le Point Afrique

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