Blé russe, cybersécurité, télémédecine, automobile, aviation civile sur la table entre Moscou et Alger

La Russie et l’Algérie pourraient se mettre d’accord sur les livraisons de blé, ainsi que lancer des projets conjoints dans la cybersécurité et la télémédecine, a indiqué le ministre russe de l’Énergie Alexandre Novak.

Moscou et Alger étudient les possibilités de lancer des projets conjoints dans la santé publique, notamment dans la télémédecine, de collaborer dans la sécurité informatique et pourraient se mettre d’accord sur les livraisons de blé russe en Algérie, a déclaré mercredi le ministre russe de l’Énergie Alexandre Novak à l’issue de la 9e réunion de la commission intergouvernementale russo-algérienne à Moscou.

«Nous voyons un grand potentiel d’augmentation de nos échanges commerciaux dans l’agriculture. Nous pouvons intensifier les livraisons de produits agricoles et notamment de céréales de Russie en Algérie», a indiqué M.Novak lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre algérien des Finances Abderrahmane Raouya.

Et d’ajouter:

«Nous entendons promouvoir nos relations […] dans la santé publique et la télémédecine […]. Un des nouveaux domaines de notre coopération est la cybersécurité. Nous sommes tombés d’accord pour mettre en place un groupe de travail au sein de la commission intergouvernementale.»

Le chef du Service fédéral russe du contrôle vétérinaire et phytosanitaire (Rosselkhoznadzor), Sergueï Dankvert, avait précédemment annoncé que Moscou enverrait à titre d’essai un lot de blé en Algérie au premier trimestre 2019.

L’Algérie où la France reste le seul acteur sur le marché du blé depuis l’indépendance du pays en 1962, est extrêmement intéressée par l’importation de blé russe, d’après Rosselkhoznadzor.

Selon M.Novak, les deux pays ont également examiné la possibilité de lancer une usine de matériaux de construction en Algérie et d’accroître les livraisons de tubes russes.

Automobile en Algérie: la Russie fait part de sa volonté de s’implanter davantage

Les producteurs automobiles russes auraient proposé à l’Algérie de délocaliser l’assemblage de voitures russes Lada dans le pays, qui fabrique déjà des Renault Logan à partir de pièces livrées par le russe AvtoVAZ.

La Russie a proposé à l’Algérie de délocaliser dans le pays l’assemblage de voitures russes Lada, a fait savoir aux journalistes le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak.

«Il s’agit d’une proposition russe, ce sont les compagnies qui mènent les négociations», a-t-il précisé. AvtoVAZ s’est refusé à tout commentaire.

En août 2018, le vice-président du groupe Renault, Nicolas Maure, disait que son groupe envisageait l’élargissement de ses capacités en Algérie et pourrait entamer les livraisons de pièces d’assemblage de Renault et de Lada. Il n’avait pas cité de délais précis, tout en soulignant l’importance du marché algérien pour Renault et les bonnes relations entretenues avec les autorités du pays.

L’usine Renault Algérie Production a été inaugurée le 10 novembre 2014, dans la commune d’Oued Tlelat près d’Oran, dans l’ouest de l’Algérie, par le groupe Renault (qui en détient 49% des actions) et le gouvernement algérien. Le premier lot de carrosseries soudées et peintes, fabriqué par AvtoVAZ pour les voitures Renault Logan assemblées à Oran, a été livré en décembre 2016.

Où en est la coopération russo-algérienne dans le domaine de l’aviation civile?

La Russie est intéressée par la vente de ses avions Sukhoi Superjet 100 (SSJ100) et MS-21 en Algérie. Des négociations entre les parties sont en cours, a annoncé le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak, lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre algérien des Finances.

Entamées depuis longtemps, les négociations sur la vente d’avions civils russes SSJ100 et MS-21 à l’Algérie sont actuellement en cours, a déclaré le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak, lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre algérien des Finances, Abderrahmane Raouya, à l’issue de la commission intergouvernementale russo-algérienne.

«Nous sommes intéressés à ce que nos partenaires algériens envisagent la possibilité d’acheter l’équipement concordant. Le ministère russe de l’Industrie et du Commerce et la United Aircraft Building Company travaillent dans cette direction avec de nombreux pays, notamment avec les pays d’Afrique du Nord et l’Algérie», a déclaré M.Novak.

«Bien évidemment il ne faut pas que nous prenions un peu le dessus sur les contrats éventuels qui pourraient être passés avec les autres opérateurs. Ce sont des demandes qui sont faites par des appels d’offre, comme vous le savez, et selon des règles plus ou moins préétablies. De ce fait, nous ne sommes pas là pour annuler ou interdire, au contraire», a commenté le ministre algérien.

«Cela ne veut pas dire que si nous n’avons pas abordé ce point aujourd’hui, cela voudrait dire qu’il y a un désintérêt sur ces éventuels accords. Donc nous laissons un peu le monde du marché faire en sorte de trouver l’ensemble eu des paramètres qui peuvent aider l’une ou l’autre partie à vendre ou à acheter», a-t-il poursuivi.

Le Sukhoi SuperJet 100 est un moyen-courrier russe. Équipé du moteur PowerJet SaM146 développé conjointement par l’entreprise française Snecma et le bureau d’études russe NPO Saturn, il a effectué son premier vol en mai 2008. À ce jour, les plus grands exploitants de ces aéronefs sont la compagnie aérienne russe Aeroflot (26 appareils), et la mexicaine Interjet (19 avions). En outre, la société Sukhoi mène des négociations avec l’Égypte, l’Inde, le Danemark et l’Irak.

Le MS-21 est un nouvel avion civil russe dont la production en série devrait débuter en 2019. À ce jour, des contrats sur la livraison de 175 appareils de ce type ont été conclus.

Sputniknews

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