Avec Sobloo, Orange, Airbus et Capgemini veulent commercialiser les données d’observation de la Terre

Le consortium Sobloo – formé par Airbus, OBS et Capgemini – récupère les données d’observation de la Terre transmises par une quarantaine de satellites. Sobloo doit permettre l’accès libre de ces données et faciliter le développement d’applications autour de celles-ci. En parallèle, Sobloo peut commercialiser ses propres applications et services.

Comment apporter de la valeur et monétiser des données d’observation de la Terre ? C’est la mission de Sobloo, un consortium lancé en juin 2018 qui est composé d’Airbus, Orange Business Services (OBS) et Capgemini : développer une marketplace pour les données d’observation de la Terre. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme Copernicus lancé par la Commission européenne il y a une vingtaine d’années et coordonné par l’ESA. Ce programme propose en accès libre les données récoltées par une trentaine de satellites sentinelles d’observation de la Terre.

SOBLOO DOIT FACILITER L’ACCÈS À CES DONNÉES

« Comme les GAFA utilisent toutes ces données, l’Europe voulait aussi que d’autres personnes en bénéficient », explique à L’Usine Digitale Alain Berry, directeur du développement commercial Sobloo chez OBS. Quatre consortiums, dont Sobloo, ont donc été formés.

« La Commission européenne nous donne accès aux données brutes, et en échange nous avons la mission de faciliter leur accès auprès de la communauté scientifique, du grand public, des entrepreneurs ou des start-up souhaitant traiter ces données et proposer leur propre service », liste Alain Berry. A charge pour Sobloo de commercialiser en parallèle ses propres services et outils. « Au total environ 85 000 personnes utilisent ces données » provenant des satellites d’observation de la Terre, précise-t-il.

ENRICHISSEMENT DES DONNÉES

Le consortium Sobloo est à l’initiative d’Airbus. Capgemini apporte ses logiciels de traitement des données et Orange fournit sa solution cloud grand public Flexible Engine construite en partenariat avec Huawei. « Ce sont 40 pétaoctets (1 pétaoctet = 1 000 téraoctets, Ndlr) de données qui ont été récoltés depuis le début du programme Copernicus auxquels s’ajoutent une dizaine de pétaoctets tous les ans », précise Alain Berry. Une masse énorme de données à stocker. C’est pourquoi leurs clients peuvent venir directement chez Sobloo qui propose des espaces de développement avec des outils qui sont mis à disposition ainsi que les données sous différentes formes : bases de données, cartes brutes, cartes traitées par différentes techniques, etc.

Le consortium propose différentes offres : du simple accès libre et gratuit aux données, à l’aide au développement d’une application en passant par une facturation à la donnée utilisée. Sobloo peut aussi enrichir ces données d’observation de la Terre avec d’autres informations. Celles-ci peuvent provenir d’une dizaine de satellites supplémentaires envoyés en orbite par Airbus, d’objets connectés, de données transmises par des organisations gouvernementales ou encore du programme Flux Vision d’OBS. A partir des informations techniques du réseau mobile Orange, Flux Vision fournit des indicateurs statistiques de fréquentation, de provenance et de déplacement de personnes ainsi que leur âge, leur catégorie socioprofessionnelle (CSP) et leur lieu d’habitation.

DE NOMBREUSES APPLICATIONS DANS L’AGRICULTURE

Concrètement, à quoi ces données d’observation de la Terre peuvent-elles servir ? Plusieurs applications ont déjà été développées. Par exemple, « le gouvernement vietnamien a développé une application pour suivre la culture du riz dans le Delta du Mékong », explique Alain Berry. Celle-ci lui permet de « suivre les différentes récoltes de riz dans l’année afin de savoir si la région est en manque, auto-suffisante ou en capacité d’exporter », détaille Alain Berry. Auparavant, pour connaître l’état de la riziculture, « le gouvernement envoyait trois lettres dans l’année aux agriculteurs », précise-t-il.

Autre exemple : le Crédit Agricole propose une assurance des Prairies basée sur la production fourragère. Celle-ci est désormais évaluée via une application qui traite les données d’observation de la Terre transmises à Sobloo. Il est aussi possible de suivre le niveau de reforestation ou déforestation, de connaître dans le détail le niveau d’irrigation d’un champ ou son taux d’azote… les applications, notamment dans l’agriculture sont multiples. Et Sobloo espère réaliser « 100 millions d’euros de chiffres d’affaires sur plusieurs années », selon Alain Berry.

LÉNA COROT
@lenacorot

usine-digitale.fr

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