Algérie: Communion entre les Algériens et les forces de l’ordre

Ces CRS qui ont sonné le glas de la manifestation en tirant en l’air tout en entonnant avec détermination et fierté: «One, Two, Three, viva l’Algérie», est une image qui résume bien cette belle journée de fraternité… 

Vendredi 15 mars à Alger. Il est un peu plus de 19h, la manifestation historique contre le prolongement du 4e mandat du chef de l’État touche à sa fin. Une journée mémorable qui n’aura pas connu d’incidents, malgré les millions de manifestants qui ont envahi la capitale. Les policiers sous la pression depuis plusieurs semaines décident alors de se révolter en fêtant cette journée mémorable avec leurs concitoyens. Ainsi, un groupe de CRS a sonné le glas de la manifestation en tirant en l’air tout en entonnant avec détermination et fierté: «One two, three, viva l’Algérie.» Un tonnerre d’applaudissements des manifestants présents s’en est suivi. Des collègues leur ont emboîté le pas au moment de rentrer au «bercail» en improvisant un cortège festif de…voitures de police. Klaxons et sirènes, ils fêtaient eux aussi l’Algérie sous l’ovation de la population qui scandait en choeur: «Chaâb, chorta, khawa khawa!». Une image qui donne la chair de poule! Tout comme celle de cet affrontement entre les brigades antiémeute et quelques manifestants qui tentaient de rejoindre la présidence de la République à El Mouradia. Après quelques échanges de pierres et de bombes lacrymogènes, le chef de cette brigade demande à ses hommes d’arrêter de tirer. Il enlève son casque et se dirige vers les manifestants pour les calmer. Après quelques minutes, quelques protestataires comprennent le message et se dirigent vers les policiers en criant «silmiya, silmiya» (pacifique, pacifique). Ils se mettent alors entre les policiers et le reste de leur groupe, qui les rejoint de suite. Une belle image de fraternité s’ensuivit entre les forces de l’ordre et les manifestants. En fait, l’acte IV des manifestations contre le système a été une véritable communion entre Algériens, forces de l’ordre comprises. Ces dernières ont encadré de façon très pacifique les millions de manifestants, évitant au passage toute sorte de provocation. Il faut dire que le policier de Béjaïa, dont l’image a fait le tour du monde, avait montré l’exemple. Celui-ci a rejoint symboliquement les protestataires en brandissant une pancarte avec des slogans appelant au changement. Le policier a pris la pancarte de la main d’un manifestant avant de monter sur un camion pour la brandir. Il s’en est suivi un véritable moment de fraternité que l’on ne peut voir que chez nous! Tout comme l’image de ces manifestants assis sur le camion antiémeute en train de surfer sur leurs smartphones pendant que leurs amis discutaient longuement avec les policiers. Il faut dire que les manifestations étaient tellement pacifiques que les forces de l’ordre étaient des spectateurs de ce moment d’histoire qui s’écrivait sous leurs yeux. Ils étaient plus en train de saluer la population, prendre des photos avec elle ou encore faire la bise à des enfants que de maintenir l’ordre. Admirable! 

Humanite.fr

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