Al-Sissi a la tete de l’UA: Attention, le Pharaon arrive !

Rideaux sur le 32e sommet de l’Union africaine (UA) qui s’est tenu les 10 et 11 février derniers à Addis-Abeba, en Ethiopie ! Deux faits majeurs ont retenu l’attention de tous. Il s’agit de l’accueil, on ne peut plus triomphal qui a été réservé au président RD congolais, Félix Tshisékédi, dont on a dit pourtant qu’il a été mal élu.

L’autre fait marquant de ce grand rendez-vous annuel des têtes couronnées du continent noir, a été la passation des charges entre le Rwandais Paul Kagamé et l’Egyptien Abdel Fatah Al-Sissi qui devient ainsi le président en exercice de l’UA et ce, pour un mandat d’un an. Ce dernier devra, à son tour, passer le témoin au président sud-africain. Mais en attendant, la question qui est sur toutes les lèvres, est la suivante : Al-Sissi fera-t-il mieux que son prédécesseur Paul Kagamé qui, on le sait, aura bousculé l’institution panafricaine ? On attend de voir.

Pour le moins, on sait que le président Al-Sissi est attendu sur trois grands chantiers que sont : les réformes administratives de l’UA, l’autofinancement et le dossier libyen. Sur les deux premiers points, le Pharaon d’Egypte qui, on le sait, entame son mandat avec les défaveurs des pronostics, dit vouloir s’inscrire dans la continuité. On ne pourra donc le juger qu’aux résultats, et il peut surprendre surtout que son pays, au départ opposé au prélèvement de 0,2% sur les importations de luxe, a fini par ratifier l’accord sur la Zone de libre échange continental (ZLEC). Peut-être Al-Sissi mettra-t-il à profit son mandat pour essayer de convaincre l’Afrique du Sud et le Nigeria à revoir leur copie ; eux qui, jusque-là, n’ont pas ratifié l’accord sur la ZLEC.

L’autocrate égyptien n’hésite pas à pendre haut et court ceux qui tentent de troubler son sommeil

Ce n’est pas impossible. Car on le sait, le despote du Caire a une très forte personnalité, un caractère bien trempé. C’est, du reste, ce qui rend optimistes certains observateurs quant à sa capacité de faire bouger les lignes en Libye. En tout cas, tout en saluant au passage la volonté affichée par l’UA de reprendre en main le dossier libyen, on peut dire qu’elle a vu juste en mettant au- devant un homme connu pour être proche du Général Khalifa Haftar et qui, en bon militaire, fait preuve de pragmatisme là où certains, on ne sait pour quelle raison, passent le temps à tergiverser. Certes, on sait que dans le cas de la Libye, beaucoup d’intérêts divergents sont en jeu, mais Al-Sissi peut surprendre agréablement ; lui qui, de par le passé, a déjà opéré des frappes aériennes au pays de Mouammar Khadafi. Ne dit-on pas d’ailleurs que « la meilleure manière de mettre en sécurité sa chèvre, c’est de la confier à la hyène » ?

C’est selon toute vraisemblance, ce que vient de faire l’UA en confiant le dossier libyen à l’autocrate égyptien qui, au plan intérieur, n’hésite pas à pendre haut et court tous ceux qui tentent de troubler son sommeil. Et les Frères musulmans qui ont longtemps souffert le martyre en savent quelque chose puisque traqués, réprimés et embastillés sans relâche, ils ont fini par faire contre mauvaise fortune bon cœur en réduisant leur voilure. C’est aussi le cas des Terroristes qui écumaient le Sinaï et qu’il a réussi à réduire au silence. Pour toutes ces raisons donc, on peut s’exclamer en ces termes : attention, Al-Sissi arrive !

Boundi OUOBA

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