Afrique-France : une communauté de destin

Depuis son élection et dans ses différents discours, en particulier celui de Ouagadougou, le président Emmanuel Macron a défini de nouvelles ambitions pour la France en Afrique. Dans le cadre de ce nouveau partenariat, la dimension économique joue un rôle très important. C’est ce qui porte l’ensemble de la nouvelle stratégie de coopération que les institutions et acteurs français impliqués mettent en œuvre, comme c’est le cas au niveau de Business France, pour ce qui est de la promotion de l’export, mais aussi avec nos partenaires, notamment l’AFD […]
[…] Dans cette approche, la participation du secteur privé est essentielle en ce sens qu’elle est efficace pour porter cette dynamique. L’enjeu tant pour les entreprises françaises en Afrique que pour les africaines en France, c’est que nous puissions évoluer vers l’émergence de partenariats concrets. C’est ce qui constitue notre priorité dans le cadre de la nouvelle stratégie à l’export de la France que nous mettons en œuvre. Nous faisons en sorte que les entreprises incarnent les points forts, tant de la France que de l’Afrique, tout en accompagnant toute opportunité de rapprochement d’entreprises françaises et africaines. C’est l’essence même de notre initiative « Ambition Africa », car la mission de Business France, c’est d’abord être davantage présent en Afrique pour mettre en contact des entreprises françaises avec les bons partenaires, mais aussi, en retour, faciliter l’implantation des entrepreneurs africains qui veulent investir en Afrique.

Nous disons une chose simple : le moment est opportun pour imaginer et soutenir des aventures économiques où personne n’est dépendant de l’autre et qui permettent de générer du co-développement au bénéfice des deux parties. C’est tout à fait possible de le faire dans le respect à la fois les objectifs financiers des entreprises, puisque nous sommes dans un secteur marchand, mais aussi des grandes questions géopolitiques et humaines.

Nous sommes au service des entreprises et pour qu’il y ait des affaires, il faut des mises en relation entre différents partenaires, ainsi que l’identification des secteurs porteurs. C’est ce qui permet de transformer une intention en flux d’affaires et pour les entreprises de taille moyenne, il leur faudrait plus d’accompagnement et de soutien. Nous devons aussi être capables de leur présenter les marchés les plus particulièrement porteurs aujourd’hui et les partenaires les plus crédibles. Or s’il est évident que le marché européen reste le premier débouché de proximité, et que les Etats-Unis et la Chine continuent d’être des destinations majeures, nous percevons qu’il y a de plus en plus de PME/ ETI qui expriment un intérêt prononcé pour l’Afrique.

Canaux à double sens
Nous avons déjà, pour des raisons historiques et culturelles, une relation forte avec l’Afrique, et aujourd’hui il faut évoluer vers une nouvelle page de cette histoire qui doit s’écrire avec les PME et ETI françaises. Ils ont besoin d’accompagnement, mais cela suppose aussi une prise en compte des enjeux et problématiques du moment. Il y a l’absolue nécessité de valoriser la capacité des entreprises françaises à proposer des solutions qui répondent aux besoins des pays en émergence et il faut qu’on leur en donne les moyens. La dynamique de croissance du Continent élève le niveau de compétition et c’est la capacité de l’écosystème industriel à proposer de bonnes solutions adaptées aux besoins induits par les stratégies de développement des pays du Continent qui fera notre différence. C’est ce qui fait aussi qu’au-delà des parts de marchés à défendre ou à gagner, la dimension de co-développement est particulièrement prise en compte dans notre approche.

Les questions dont Business France a la charge, celle de la promotion des exportations et de l’implantation des entreprises françaises en Afrique, mais aussi la possibilité des entreprises africaines petites ou grandes de se développer ici en France, vont donc au-delà de la balance de paiement ou commerciale. Elles sont autant de clés potentielles pour un avenir commun, car comme l’avait montré le président au Nigéria, c’est soit nous réussissons ensemble, soit nous échouerons ensemble. Chacun a compris aujourd’hui que l’échec du développement en Afrique aurait des conséquences lourdes pour l’Europe.

A contrario, la réussite du développement économique de l’Afrique permettra de rééquilibrer le rapport des richesses dont nous savons que plus il est inégal, plus il engendre des facteurs de crises. C’est le cas de le dire, avec l’Afrique, nous faisons face à une problématique qui s’apparente à une communauté de destin.

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